Le Gouvernement congolais a lancé, samedi 16 mai à Kinshasa, les travaux techniques consacrés à la loi de finances rectificative 2026. Cette révision budgétaire intervient dans un contexte marqué par la hausse des besoins sécuritaires, les pressions sur les dépenses publiques et les discussions en cours avec le Fonds monétaire international. Le budget initial avait été fixé à plus de 54 335 milliards de CDF, soit environ 22 milliards USD.
Sous la supervision du vice-Premier ministre en charge du Budget, Adolphe Muzito, les consultations ont débuté au Centre financier de Kinshasa avec les experts de plusieurs ministères stratégiques. Les autorités veulent adapter le budget 2026 aux nouvelles réalités économiques du pays et concentrer les ressources publiques sur des projets considérés comme prioritaires pour l’économie et les services sociaux.
Pour cette première phase, sept secteurs ont présenté leurs besoins et projets d’investissement. Il s’agit notamment de la Défense nationale, de l’Intérieur, de la Santé publique, de l’Éducation nationale, des Infrastructures, des Transports ainsi que de l’Industrie et des Hydrocarbures. Les discussions portent sur les projets capables de produire des effets visibles sur l’activité économique, l’emploi ou encore les conditions de vie de la population.
Cette loi de finances rectificative doit aussi permettre au Gouvernement de revoir certaines hypothèses du budget adopté fin 2025. Depuis plusieurs mois, les dépenses sécuritaires augmentent, tandis que les autorités doivent également intégrer de nouvelles priorités sociales et tenir compte des engagements pris dans le cadre du programme conclu avec le FMI. Dans ce type d’exercice, l’objectif consiste à ajuster les dépenses et les recettes afin d’éviter un déséquilibre trop important des finances publiques.
Le défi de préserver l’équilibre budgétaire
Le budget 2026, adopté à plus de 54 335 milliards de CDF, représente l’un des niveaux les plus élevés enregistrés par les finances publiques congolaises. Mais plusieurs économistes avaient déjà alerté sur les difficultés possibles de mobilisation des recettes nécessaires pour soutenir ce niveau de dépenses.
Le Gouvernement cherche donc à réévaluer certaines prévisions de recettes, sécuriser les dépenses jugées essentielles et maintenir les investissements considérés comme stratégiques. La soutenabilité budgétaire reste au centre des discussions. Cela signifie que l’État doit éviter une hausse incontrôlée des dépenses qui pourrait fragiliser la trésorerie publique ou accentuer les pressions économiques.
Les consultations techniques doivent se poursuivre le lundi 18 mai avec d’autres secteurs, notamment l’Agriculture, le Commerce extérieur, les Affaires foncières et le Portefeuille. À l’issue de ces travaux, l’avant-projet de loi de finances rectificative sera transmis aux institutions compétentes avant son dépôt attendu au Parlement d’ici la fin du mois de mai.
— Peter MOYI
