Le Trésor public a remboursé 88 milliards CDF de titres arrivés à maturité à la fin d’avril 2026. Cette opération a fait baisser l’encours global des titres publics à 6 757,5 milliards CDF au 29 avril 2026, contre 6 845,5 milliards CDF une semaine plus tôt, selon la Banque Centrale du Congo.
La baisse de l’encours des titres publics ne signifie pas que l’État congolais se retire du marché domestique de la dette. Elle traduit plutôt un mouvement de trésorerie classique, où le Gouvernement rembourse les titres arrivés à échéance avant de relancer de nouvelles émissions selon son calendrier de financement.
La contraction observée sur une semaine atteint exactement 88 milliards CDF, soit environ 1,3 % de l’encours enregistré auparavant. Ce recul reste limité, car le stock global demeure élevé. Il montre néanmoins que le Trésor a honoré une partie de ses engagements vis-à-vis des souscripteurs, principalement les banques, les investisseurs institutionnels et les autres acteurs autorisés à acheter les Bons et Obligations du Trésor.
Les titres publics servent à financer l’État sur le marché intérieur. Les Bons du Trésor couvrent généralement des besoins de trésorerie à court terme, tandis que les Obligations du Trésor permettent de mobiliser des ressources sur une durée plus longue. Pour les finances publiques, cet outil aide à réduire le recours au financement monétaire du déficit, qui peut alimenter les tensions sur les prix et le taux de change.
Le deuxième trimestre s’annonce plus actif sur le marché de la dette
Le remboursement d’avril intervient alors que le Gouvernement prévoit une nouvelle séquence d’émissions au deuxième trimestre 2026. Le calendrier indicatif annonce 500,0 milliards CDF à mobiliser en monnaie locale et 550,0 millions USD à lever à travers des titres libellés en devises.
L’écart avec le premier trimestre est net. Sur les trois premiers mois de 2026, le Trésor avait mobilisé 20,0 milliards CDF sur le segment en monnaie nationale et 364,6 millions USD sur le segment en devises. Si le programme du deuxième trimestre est exécuté comme prévu, l’effort en monnaie locale serait vingt-cinq fois supérieur aux émissions réalisées au premier trimestre. En devises, l’objectif dépasserait de 185,4 millions USD le montant levé au début de l’année.
Cette montée en puissance confirme la place prise par le marché domestique dans le financement du budget. Elle permet à l’État de diversifier ses sources de liquidité, mais elle impose aussi une discipline de remboursement. Chaque émission crée une obligation future. Le coût de cette dette dépendra des taux acceptés par le Trésor, de la demande des investisseurs et de la capacité de l’État à maintenir ses recettes.
Pour la RDC, l’enjeu n’est donc pas seulement de lever davantage. Il est aussi de construire un marché des titres publics plus prévisible, avec des calendriers respectés, des remboursements réguliers et une information claire pour les investisseurs. Le paiement de 88 milliards CDF fin avril va dans ce sens, mais le niveau de l’encours, à plus de 6 700 milliards CDF, rappelle que la gestion de la dette intérieure reste un dossier central pour la stabilité budgétaire.
— M. KOSI
