RDC, le Trésor prévoit 630,8 milliards CDF d’obligations pour apurer une dette envers la Banque centrale en 2026

Le ministère congolais des Finances prévoit de mobiliser 630,8 milliards de francs congolais (CDF), soit plus de 260 millions de dollars, au profit de la Banque centrale du Congo (BCC) sur l’exercice 2026. L’annonce figure dans le calendrier annuel des émissions d’Obligations du Trésor publié le 12 janvier 2026 par les services du ministère et consulté par Zoom-eco.net.

Selon ce document, ces emprunts intérieurs destinés à la BCC auront des échéances de 2 à 5 ans. Le mécanisme est celui d’une dette formalisée : l’État reconnaît une obligation de paiement envers la banque centrale et la transforme en titres financiers avec une maturité précise.

Une opération de dette qui touche aussi la mécanique monétaire

Une Obligation du Trésor indexée est un titre de créance émis par l’État et remboursable à moyen ou long terme, généralement à partir de trois ans. Elle peut être placée par adjudication (enchères) ou par syndication, via un groupement d’institutions financières.

Dans le cas présent, l’émission d’obligations « au profit de la BCC » traduit une situation explicite : le Trésor public est débiteur vis-à-vis de la Banque centrale. Pour honorer cette dette, le gouvernement choisit donc d’émettre des titres avec un taux d’intérêt déterminé et une date d’échéance. En pratique, cela permet d’étaler le remboursement dans le temps, plutôt que de régler en une seule fois par des décaissements immédiats.

Des experts cités dans le texte expliquent qu’une fois ces obligations reçues, la BCC peut procéder à la titrisation de ses créances. Cela consiste à transformer les montants dus par l’État en titres négociables, puis à les revendre, parfois sous forme de parts, à des investisseurs (particuliers ou entreprises). L’idée est de sortir ces créances du bilan de la banque centrale, dans une logique d’assainissement de ses états financiers.

Ce type d’opération n’est pas neutre dans la conduite de la politique monétaire : il met en jeu la relation financière entre l’État et la banque centrale, et la façon dont une dette publique est portée, puis éventuellement redistribuée sur le marché via des titres.

Peter MOYI

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