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RDC : l’EGC veut renforcer ses accords avec les groupes miniers pour mieux encadrer le cobalt artisanal

Mines artisanal

L’Entreprise Générale du Cobalt (EGC), société publique chargée du monopole de l’achat du cobalt artisanal en République démocratique du Congo, veut renforcer sa coopération avec les grands groupes miniers afin de limiter l’exploitation illégale sur les sites industriels. L’objectif est de mieux contrôler les activités artisanales autour des mines de cuivre et de cobalt, dans un contexte où la demande mondiale pour les minerais stratégiques continue de progresser.

Dans une interview accordée à Bloomberg, les responsables de l’EGC expliquent vouloir développer de nouveaux partenariats avec les producteurs industriels présents en RDC. Plusieurs grandes entreprises minières, notamment CMOC Group et Glencore, font régulièrement face à des intrusions de creuseurs artisanaux sur leurs concessions. Ces activités provoquent des tensions sécuritaires, des accidents et parfois des interruptions de production.

La RDC détient une part importante des réserves mondiales de cobalt, un minerai utilisé dans les batteries électriques, les smartphones et plusieurs technologies liées à la transition énergétique. Mais le secteur artisanal reste largement informel. Des centaines de milliers de Congolais dépendent directement ou indirectement de cette activité pour leurs revenus. Cette pression sociale rend difficile le contrôle total des sites miniers industriels.

Pour les sociétés minières, la question ne concerne pas uniquement la sécurité. Les groupes internationaux subissent aussi une pression croissante des marchés occidentaux et des constructeurs automobiles sur la traçabilité du cobalt. La traçabilité consiste à garantir l’origine des minerais et les conditions dans lesquelles ils sont extraits. Les États-Unis, l’Union européenne et plusieurs industriels veulent désormais sécuriser des chaînes d’approvisionnement plus transparentes pour les minerais critiques.

L’Entreprise Générale du Cobalt avait été créée pour mieux organiser cette filière artisanale. Les autorités congolaises veulent réduire les circuits informels, lutter contre la contrebande et améliorer les standards sociaux dans les zones minières. Mais plusieurs analystes estiment que le contrôle sécuritaire des sites ne suffira pas à lui seul. La formalisation du secteur nécessitera aussi des zones artisanales mieux encadrées, des mécanismes d’achat transparents, un meilleur accès au financement et une intégration plus importante des communautés locales dans l’économie minière formelle.

Dans un marché mondial marqué par une forte demande en cobalt et en cuivre, la capacité de la RDC à mieux structurer son exploitation artisanale devient un enjeu économique et stratégique pour l’avenir du secteur minier congolais.

— Peter MOYI

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