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RDC : les dépenses d’avril dépassent les recettes prévues de 127,4 milliards CDF

Doudou Fwamba Likunde

Les finances publiques congolaises restent sous tension en avril. D’après la note de conjoncture de la Banque centrale du Congo, les dépenses de l’État sont projetées à 3 592,1 milliards CDF, alors que les recettes attendues s’élèvent à 3 464,7 milliards CDF. Cet écart de 127,4 milliards CDF traduit une pression immédiate sur la trésorerie publique, dans un contexte où plusieurs engagements doivent être couverts sur une période courte.

Une grande partie de ces dépenses est absorbée par les salaires des agents et fonctionnaires. À eux seuls, ils mobilisent 1 900,0 milliards CDF, soit plus de la moitié des charges prévues. Ce niveau élevé de dépenses dites « rigides » limite les marges d’ajustement de l’État. En clair, ces dépenses sont difficiles à réduire à court terme, car elles concernent des obligations sociales et administratives incompressibles.

Des recettes insuffisantes face à des dépenses contraintes

Le mois d’avril apparaît donc comme une phase sensible pour la gestion budgétaire. Les recettes fiscales attendues, issues des impôts directs et indirects, doivent permettre de maintenir les paiements essentiels, notamment la paie complémentaire des agents publics. Mais les premières estimations montrent que les encaissements pourraient ne pas suffire à couvrir l’ensemble des engagements, ce qui accentue le déséquilibre entre les entrées et les sorties de fonds.

Ce décalage pose un problème classique de trésorerie : les recettes n’arrivent pas toujours au moment où les dépenses doivent être exécutées. Or, certaines charges, comme les salaires, doivent être payées à échéances fixes. Lorsque les ressources sont inférieures aux besoins, l’État se retrouve face à des arbitrages. Il peut différer certaines dépenses, revoir ses priorités ou recourir à des mécanismes d’ajustement pour combler le manque à court terme.

Au-delà de la situation du mois d’avril, ces tensions révèlent une contrainte plus large. La base fiscale reste limitée par rapport au volume des dépenses publiques, ce qui fragilise l’équilibre budgétaire. L’enjeu pour les autorités consiste donc à améliorer l’efficacité de la collecte des recettes et à mieux synchroniser les flux financiers, afin de réduire les tensions récurrentes et sécuriser le financement des dépenses essentielles.

— Peter MOYI

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