Les recettes publiques de la République démocratique du Congo ont légèrement dépassé les prévisions au cours des quatre premiers mois de l’année 2026. Selon les données de conjoncture publiées par la Banque Centrale du Congo, les régies financières ont mobilisé 10 430,2 milliards CDF, soit plus de 4,2 milliards USD, entre janvier et avril, contre des prévisions fixées à 10 192,9 milliards CDF dans le Plan de trésorerie de l’État. Le taux de réalisation atteint ainsi 102,3 %, traduisant une collecte des recettes supérieure aux objectifs retenus par les autorités budgétaires.
Cette évolution intervient dans un contexte où le Gouvernement cherche à renforcer les ressources internes afin de financer les dépenses publiques et préserver les équilibres macroéconomiques. Les performances enregistrées par les principales régies financières, notamment la DGI, la DGDA et la DGRAD, ont contribué à cette progression. Les autorités misent aussi sur une meilleure maîtrise des dépenses publiques et sur le développement des instruments de financement du Trésor pour réduire les pressions sur les finances de l’État.
Les données de la Banque Centrale montrent également une amélioration relative de la situation budgétaire au premier trimestre 2026. À fin mars, le déficit public s’est établi à 1 578,6 milliards CDF, alors que le déficit programmé dans le Plan de trésorerie atteignait 3 288,3 milliards CDF. Un déficit plus faible signifie que l’écart entre les recettes et les dépenses de l’État a été moins important que prévu. Cette situation pourrait s’expliquer par une combinaison de plusieurs facteurs, notamment l’amélioration de la mobilisation fiscale, le recours accru aux Bons et Obligations du Trésor ainsi qu’un encadrement plus strict des dépenses publiques durant la période sous revue.
Parallèlement à cette mobilisation des recettes internes, la RDC a également marqué une étape sur les marchés financiers internationaux avec une première émission d’Eurobond d’environ 1,25 milliard USD. Cette opération vise à mobiliser des ressources destinées au financement des infrastructures, de l’énergie et d’autres projets publics considérés comme prioritaires. Pour les autorités économiques, cette diversification des sources de financement doit permettre de limiter progressivement le recours au financement monétaire tout en soutenant les investissements nécessaires à la croissance économique.
Les analystes rappellent toutefois que l’accès aux marchés internationaux impose une gestion prudente de la dette publique. Un Eurobond reste une dette à rembourser en devises et expose davantage le pays aux variations des marchés financiers internationaux. La soutenabilité de la dette, la stabilité du franc congolais et la capacité de l’État à maintenir durablement le rythme de mobilisation des recettes resteront parmi les principaux enjeux budgétaires au cours des prochains mois. Pour plusieurs économistes, les résultats observés à fin avril constituent un signal positif, mais la consolidation des finances publiques dépendra surtout de la capacité du Gouvernement à élargir l’assiette fiscale, améliorer la gouvernance financière et renforcer l’efficacité des dépenses publiques.
— Peter MOYI
