Le 3 mars 2026, le gouvernement congolais a mobilisé 50,32 millions USD sur le marché financier local, lors d’une adjudication d’Obligations du Trésor libellées en dollar américain. L’objectif annoncé était de 50 millions USD, et il a été légèrement dépassé, selon un communiqué du ministère des Finances.
Les investisseurs ont répondu présent. Les soumissions reçues ont totalisé 53,32 millions USD, ce qui donne un taux de couverture de 110,66 %. En clair, la demande a été plus forte que le montant mis en vente. Ce niveau de couverture indique que plusieurs acteurs du marché sont prêts à prêter à l’État, à ces conditions, via des titres publics en devise.
Le taux d’intérêt annuel retenu pour cette émission est de 9 %. Pour les investisseurs, ce rendement peut paraître attractif, surtout quand le titre est en dollars. Beaucoup voient ces obligations comme une façon de se protéger des effets de la volatilité du franc congolais, car le remboursement et les intérêts se font en devise.
Les titres en francs congolais attirent moins, malgré l’objectif de financement local
Le ministère des Finances n’a pas donné de détails sur une autre opération annoncée sur la même période : une émission de Bons du Trésor en francs congolais, qui visait 40 milliards CDF. Ce silence laisse donc ouverte la question du niveau de participation sur les titres en monnaie nationale.
Cette adjudication en dollars s’inscrit dans le programme de financement intérieur. Pour le premier trimestre 2026, le calendrier indicatif des émissions de Bons et d’Obligations du Trésor prévoit une mobilisation globale de plus de 600 millions USD sur le marché domestique.
Le contraste reste net entre les deux segments du marché : les titres libellés en dollars attirent régulièrement davantage de souscriptions, alors que ceux libellés en francs congolais peinent encore à susciter le même intérêt. Pourtant, les autorités veulent aussi renforcer le financement en monnaie locale : le gouvernement prévoit de mobiliser environ 600 milliards CDF, soit plus de 243 millions USD, à travers des émissions de titres publics sur le marché domestique.
— M. KOSI
