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RDC : l’IGM prépare une Garde minière de 20 000 agents avec un financement de 100 millions USD

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Des creuseurs clandestins dans une mine de cuivre de la Chemaf à Lubumbashi (Décembre 2012)

L’Inspection générale des mines prévoit de déployer plus de 20 000 gardes dans les provinces minières de la RDC d’ici fin 2028. Le premier contingent, composé de 2 500 à 3 000 agents, devrait entrer en service en décembre 2026. L’Inspection générale des mines a officialisé, lundi 27 avril 2026, la création de la Garde minière, une unité spéciale paramilitaire appelée à renforcer la sécurité autour de l’exploitation des minerais en République démocratique du Congo.

Cette nouvelle structure devra intervenir sur les sites miniers, accompagner le transport des minerais et contribuer au contrôle des points sensibles de la chaîne minière. Pour l’IGM, l’objectif est de mieux encadrer un secteur exposé à la fraude, aux circuits parallèles et aux difficultés de traçabilité.

Selon l’inspecteur général Rafael Kabengele, cette initiative répond à la volonté du chef de l’État d’assainir le secteur minier congolais. « La volonté du président de la République, que nous mettons en œuvre, est d’assainir l’ensemble du secteur minier de la RDC, en éliminant les pratiques contraires à la bonne gouvernance, à la transparence et à la traçabilité des minerais », a-t-il déclaré. Le secteur minier reste l’un des principaux moteurs de l’économie congolaise, mais sa contribution dépend aussi de la capacité de l’État à contrôler les sites d’extraction, suivre les flux de minerais et limiter les pertes liées à la fraude.

Un déploiement progressif jusqu’en 2028

Le calendrier présenté par l’IGM prévoit l’ouverture du recrutement en mai 2026, sans distinction de genre. Les premières recrues suivront ensuite une formation intensive de six mois, de juin à décembre 2026, en collaboration avec la Maison militaire. À l’issue de cette étape, un premier contingent de 2 500 à 3 000 agents devrait être opérationnel dès décembre 2026. Ces agents seront dotés d’équipements modernes, selon les indications fournies dans le communiqué.

Le dispositif doit ensuite monter en puissance sur deux ans. L’IGM prévoit une couverture complète des besoins sécuritaires dans le Grand Katanga et la Grande Orientale d’ici fin 2027, avant une extension à l’ensemble des 22 provinces minières placées sous sa supervision d’ici fin 2028. Au total, plus de 20 000 gardes devraient être mobilisés pour couvrir les zones concernées. Le programme est financé à hauteur de 100 millions USD, dans le cadre de partenariats stratégiques avec les États-Unis et les Émirats arabes unis. L’IGM précise que les infrastructures d’entraînement sont déjà opérationnelles.

La Garde minière aura trois missions principales : sécuriser les sites miniers, assurer le convoyage des minerais depuis les zones d’extraction jusqu’aux unités de traitement et aux postes frontaliers, puis remplacer progressivement les éléments des forces de défense actuellement déployés dans certaines zones minières. Pour l’État congolais, l’enjeu est à la fois économique et sécuritaire. Une meilleure surveillance de la chaîne minière peut aider à réduire les sorties non contrôlées de minerais, améliorer la traçabilité et protéger les investissements. Créée par le décret n° 23/19 du 9 juin 2023, l’IGM est chargée du contrôle, de l’audit et de la lutte contre la fraude dans le secteur minier en RDC.

— M. MASAMUNA

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