Site icon LePoint.cd

RDC : Lobito et Inga III deviennent les deux piliers du partenariat économique avec les États-Unis

Suminwa

La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a reçu, le 11 mai 2026, Jeremy Wiggins. Les discussions ont porté sur le projet Inga III, le corridor de Lobito et la sécurisation des investissements. Kinshasa et Washington veulent désormais accélérer des projets capables de soutenir l’industrialisation et les exportations minières de la RDC.

Cette rencontre intervient dans un contexte où la RDC cherche à mieux connecter ses ressources minières, ses infrastructures et son potentiel énergétique. Pour le gouvernement congolais, l’objectif est de transformer une partie des richesses minières sur place, plutôt que de rester concentré sur l’exportation de matières premières brutes.

Le projet Inga III reste au centre de cette stratégie. Les autorités congolaises considèrent cette future infrastructure hydroélectrique comme un outil capable d’alimenter les industries, de réduire le déficit en électricité et de soutenir la croissance économique. Dans plusieurs régions du pays, l’accès limité à l’électricité reste un frein pour les entreprises, les ménages et les activités industrielles.

Lobito devient un axe stratégique pour les minerais congolais

Le corridor de Lobito représente l’autre priorité des discussions entre Kinshasa et Washington. Ce projet ferroviaire et logistique doit permettre de relier les zones minières de la RDC à l’océan Atlantique via l’Angola. L’objectif est de faciliter l’exportation du cuivre, du cobalt et d’autres minerais stratégiques.

Les États-Unis soutiennent déjà une partie du financement du projet. Selon Reuters, l’agence américaine de financement du développement, la DFC, a validé un prêt de 553 millions USD destiné à la réhabilitation de la ligne ferroviaire angolaise connectée au corridor de Lobito.

Le projet prévoit aussi des extensions ferroviaires de 515 kilomètres en Zambie et de 315 kilomètres en RDC afin de connecter davantage de sites miniers à la ligne de Benguela. À terme, la capacité de transport pourrait atteindre 4,6 millions de tonnes.

Pour la RDC, l’enjeu est économique. Une meilleure logistique peut réduire les coûts de transport, raccourcir les délais d’exportation et améliorer la compétitivité des minerais congolais sur les marchés internationaux. Le transport reste aujourd’hui l’un des principaux défis pour plusieurs entreprises minières opérant dans le pays.

Mais les autorités congolaises cherchent aussi à éviter que ces infrastructures servent uniquement au transit des minerais vers l’extérieur. Kinshasa veut utiliser ces projets pour développer des activités industrielles locales, attirer des investisseurs et créer des emplois autour des chaînes de transformation.

La présence de Jeremy Wiggins montre également que les États-Unis veulent élargir leur coopération avec la RDC au-delà des minerais critiques. Washington s’intéresse désormais davantage aux infrastructures, à l’énergie et aux investissements privés liés aux grands projets régionaux.

La question de l’exécution reste maintenant centrale. Inga III et le corridor de Lobito nécessitent des financements importants, des contrats stables et une gouvernance capable de rassurer les investisseurs. Pour la RDC, l’enjeu sera aussi de transformer ces partenariats en retombées concrètes pour l’économie locale, notamment à travers l’énergie, l’industrie et l’emploi.

— Joldie KAKESA

Quitter la version mobile