Depuis le 5 septembre 2023, plus de 2 millions d’accouchements ont été pris en charge gratuitement en RDC. Du 15 au 18 décembre 2025, à l’hôtel Kertel Suites à Kinshasa, les autorités et leurs partenaires passent ce programme au crible pour vérifier son impact réel sur le terrain et sur la marche vers la Couverture Santé Universelle (CSU) à l’horizon 2030.
Un bilan chiffré pour corriger le tir de la CSU
La rencontre réunit des experts congolais, des responsables publics et des partenaires techniques et financiers. Leur objectif est clair : mesurer ce qui fonctionne, ce qui bloque et ce qu’il faut corriger pour que la gratuité de la maternité ne reste pas un simple slogan.
Lancée par le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo le 5 septembre 2023, la gratuité de la maternité constitue le premier paquet d’interventions de la CSU. Concrètement, l’État s’engage à prendre en charge les coûts liés à la grossesse, à l’accouchement et aux soins du nouveau-né. Le but est simple : que l’argent ne soit plus un obstacle pour une femme enceinte qui a besoin d’un soin, d’une consultation ou d’un accouchement sécurisé.
En ouvrant les travaux, le Dr Mbongani Kabila Polydor, Coordonnateur du Conseil national de la Couverture Santé Universelle (CN-CSU), a rappelé l’enjeu de cette étape : « Nous sommes à la deuxième année de la mise en œuvre effective de la CSU. Cette revue nous permet de regarder en face les avancées et les difficultés, afin d’ajuster notre action. »
Depuis le lancement, plus de deux millions d’accouchements ont été pris en charge sans paiement direct des familles. La couverture géographique s’étend progressivement à de nouvelles zones, et de nombreux témoignages remontent une meilleure satisfaction des bénéficiaires. Pour beaucoup de ménages, ces soins gratuits soulagent la pression sur le budget familial et limitent le recours à l’endettement ou à l’auto-médication.
En parallèle, la RDC commence à déployer un paquet de soins essentiels au-delà de la maternité. L’État travaille sur des textes réglementaires et cherche des financements nouveaux pour sécuriser le modèle de la CSU dans la durée. L’idée est d’avancer pas à pas, en partant de la maternité pour aller vers une prise en charge plus large des besoins de santé de la population.
Pour le Coordonnateur du CN-CSU, cette revue ne se limite pas à un exercice technique. « Les recommandations qui sortiront de ces assises guideront nos choix stratégiques pour les prochaines années et prépareront la revue à mi-parcours du Plan stratégique national de la CSU 2025-2030 », a-t-il expliqué.
Les autorités congolaises veulent faire de ce rendez-vous un moment de vérité. Il s’agit de vérifier que les fonds engagés produisent un effet réel sur l’accès aux soins, de renforcer la redevabilité et de consolider les acquis avant d’élargir encore le champ de la CSU. L’objectif affiché reste le même : offrir, d’ici 2030, un accès plus juste et plus sûr aux services de santé pour toutes les Congolaises et tous les Congolais, quel que soit leur niveau de revenu ou leur lieu de résidence.
— M. KOSI
