Le gouvernement congolais suspend, pour une durée de 45 jours, le plafonnement du différentiel de transport des produits pétroliers. La décision, actée le 21 mars 2026 par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, intervient dans un contexte de tensions sur les chaînes d’approvisionnement énergétique liées aux évolutions géopolitiques dans le Golfe Persique. Elle vise à soulager les opérateurs confrontés à une hausse des coûts logistiques, alors que les difficultés observées dans certaines stations tiennent davantage à un déséquilibre des coûts qu’à une rupture physique des stocks.
L’exécutif encadre cette mesure dans le temps et annonce une évaluation à l’issue des 45 jours afin d’ajuster le dispositif si nécessaire. Dans le même mouvement, plusieurs charges jugées contraignantes sont suspendues ou allégées, notamment des frais sanitaires, de régulation et certaines redevances. Ce réaménagement du cadre tarifaire a pour objectif d’absorber le choc externe sans provoquer une hausse immédiate des prix pour les consommateurs, tout en redonnant de la marge aux importateurs et distributeurs.
Sur le plan opérationnel, le gouvernement renforce les mécanismes de contrôle, en rendant obligatoire la souscription à la FERI dès l’embarquement des cargaisons. Il active aussi le levier logistique et diplomatique avec des missions annoncées en Tanzanie et au Kenya, afin de fluidifier les corridors d’approvisionnement souvent ralentis par des contraintes administratives et sécuritaires. Ces ajustements s’accompagnent d’une réflexion sur la structure des coûts, avec la possibilité d’introduire une formule plus flexible pour intégrer les variations du fret et des assurances dans la formation des prix.
Une mesure temporaire face à des déséquilibres persistants
Dans les milieux spécialisés, cette décision est perçue comme une réponse immédiate à un choc externe, capable de stabiliser l’approvisionnement et de limiter la pression sur les opérateurs. Mais les analystes insistent sur le caractère transitoire de cette dérogation, qui ne peut s’inscrire dans la durée sans créer des déséquilibres, notamment en matière de transparence des coûts et de soutenabilité budgétaire. Ils rappellent que la dépendance du pays aux importations de produits pétroliers et la fragilité de son dispositif logistique restent des facteurs structurels.
La période d’application de 45 jours apparaît ainsi comme une phase de test pour évaluer l’efficacité des mesures et préparer d’éventuels ajustements plus profonds. Entre la nécessité de répondre à l’urgence et celle de réformer durablement le secteur, les autorités cherchent à maintenir un équilibre dans un environnement marqué par la volatilité des marchés énergétiques.
— M. KOSI
