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RDC : un PIB en dollars en hausse de 32,9 % en 2026 malgré une croissance réelle limitée à 5,9 %

Nord-Kivu économie

La RDC devrait enregistrer une croissance réelle de 5,9 % en 2026, selon le FMI. Son PIB exprimé en dollars passerait de 92,83 milliards USD en 2025 à 123,41 milliards USD en 2026, soit une hausse de 32,9 %. À première vue, ces chiffres donnent l’image d’une économie en forte expansion. Mais cette progression doit être interprétée avec prudence, car elle ne reflète pas uniquement une hausse de la production.

Le PIB réel mesure l’augmentation effective des biens et services produits dans le pays. À l’inverse, le PIB nominal en dollars dépend aussi du niveau des prix et du taux de change. Quand le franc congolais se renforce ou que les conditions de conversion sont plus favorables, la valeur du PIB en dollars augmente mécaniquement. Cela explique une partie de l’écart entre la croissance réelle de 5,9 % et la progression de 32,9 % du PIB en dollars. Autrement dit, l’économie congolaise grandit bien, mais à un rythme plus modéré que ce que suggère l’évolution en dollars.

Une croissance réelle, mais des retombées encore limitées

Cette croissance reste portée par des moteurs connus. Le secteur minier, en particulier le cuivre et le cobalt, continue de soutenir l’activité. Les investissements dans les infrastructures jouent aussi un rôle important, tout comme une inflation en recul qui contribue à stabiliser l’environnement économique. Ces éléments permettent au pays de maintenir une trajectoire de croissance solide malgré un contexte international incertain.

Mais ces performances macroéconomiques ne se traduisent pas encore pleinement dans la vie quotidienne. La Banque mondiale souligne que l’accès à l’électricité reste limité et que les indicateurs de santé progressent lentement. La réduction de la pauvreté reste aussi modérée. Ce décalage montre que la croissance économique, surtout lorsqu’elle est amplifiée par des effets monétaires, ne garantit pas automatiquement une amélioration du niveau de vie.

Le principal défi reste donc la transformation de cette croissance en bénéfices concrets pour la population. Cela passe par une diversification de l’économie, un développement des secteurs non miniers et une meilleure répartition des revenus. La hausse du PIB en dollars peut renforcer l’attractivité du pays auprès des investisseurs, mais sa crédibilité dépendra de la capacité à créer des emplois, améliorer les services de base et soutenir une croissance plus inclusive.

— Peter MOYI

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