Les travaux de réhabilitation de la Route nationale n°1 entre Kinshasa-N’djili et Batshamba, dans la province du Kwilu, ont franchi la barre des 70 % d’avancement, selon les chiffres officiels du ministère des Infrastructures. Ce corridor vital de 622 kilomètres, segmenté en quatre lots, bénéficie d’un financement de 70 millions de dollars de la Banque africaine de développement (BAD), dont le calendrier a été ajusté pour s’achever fin 2025.
La première portion, longue de 219 kilomètres entre Kinshasa-N’djili et Bukangalonzo, est prise en charge par l’entreprise chinoise CFHEC. Les deux tronçons suivants, qui s’étendent sur 194 km et 92 km, sont réalisés par Synohydro Corporation. Le dernier segment, de 96 km entre Kikwit et Batshamba, est attribué à CJIC. Ces sociétés doivent remettre à neuf l’ensemble de la chaussée, avec un soin particulier porté à la gestion hydraulique : construction de dalots, collecteurs et caniveaux. La stabilisation des pentes, en particulier autour du pont Kwango, vise à limiter l’impact des phénomènes d’érosion qui fragilisent le tracé.
Ce projet dépasse la simple remise en état de la route. Il intègre des infrastructures sociales telles que la construction d’une piste rurale de 40 km entre Dumi et Mutiene et l’installation de forages d’eau dans plusieurs localités, ainsi que dans des établissements scolaires et centres de santé. Ces mesures traduisent une volonté d’améliorer les conditions de vie sur cet axe.
Le rythme du chantier a souffert des perturbations liées à la crise sanitaire mondiale, ce qui a conduit à un report de la date de fin des travaux, désormais fixée au 31 décembre 2025. L’attention portée au respect des normes environnementales et la coordination avec la BAD illustrent une approche rigoureuse dans la gestion du projet.
D’un point de vue économique, la réhabilitation de cette route représente un levier pour fluidifier le transport de marchandises et de personnes, un facteur déterminant pour l’intégration des marchés régionaux et le développement local. Les investissements engagés s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à renforcer les infrastructures logistiques, condition essentielle pour dynamiser l’économie congolaise, en particulier dans une zone où les activités agricoles et commerciales sont importantes.
Alexis Gisaro, ministre d’État aux Infrastructures, souligne l’importance de garantir la durabilité des ouvrages pour éviter une détérioration rapide qui entraînerait de nouveaux coûts. La prudence dans l’exécution et la maintenance à long terme seront déterminantes pour que ces investissements produisent les effets attendus.
— Peter MOYI
