Rio Tinto a mis fin, le 5 février 2026, aux discussions engagées avec Glencore autour d’une fusion ou d’une autre combinaison possible. Faute d’accord, le groupe minier anglo-australien a officiellement refermé la porte. Glencore, géant anglo-suisse des matières premières, a confirmé l’information et annonce désormais se concentrer sur ses priorités opérationnelles pour 2026, pendant qu’un partenariat en République démocratique du Congo (RDC) attire de plus en plus l’attention des acteurs du secteur.
Selon les deux entreprises, le cadre du Code britannique sur les offres publiques d’achat (OPA) limite aussi la suite immédiate du feuilleton : dans ces conditions, Rio Tinto ne peut plus, à court terme, formuler une nouvelle offre, sauf exceptions prévues par la réglementation. En clair, les discussions s’arrêtent, et le calendrier est encadré.
Glencore, de son côté, dit vouloir se recentrer sur trois axes pour 2026 : atteindre ses objectifs opérationnels, réduire ses risques et privilégier la croissance dite « organique ». Cette dernière consiste à développer d’abord les actifs déjà détenus, plutôt que de miser sur une grande opération de consolidation.
En RDC, un schéma qui injecte du capital sans changer le contrôle opérationnel
C’est dans ce contexte que le dossier congolais de Glencore gagne en importance. En RDC, le groupe contrôle deux actifs clés dans le cuivre et le cobalt; Mutanda Mining (Mumi) et Kamoto Copper Company (KCC). Or, un partenariat est en discussion avec Orion Critical Mineral Consortium (Orion CMC), un consortium présenté comme soutenu par les États-Unis.
Les informations communiquées jusqu’ici indiquent que la transaction envisagée ne repose pas sur un changement de contrôle, ni sur une rupture dans la gestion des opérations. L’idée affichée est plutôt d’apporter des capitaux et de partager une partie des risques, afin de développer les mines existantes et, possiblement, d’acquérir de nouveaux actifs.
Pour l’instant, l’option Orion est structurée autour d’un protocole d’accord non contraignant annoncé le 3 février 2026. Ce document ne vaut pas contrat définitif, mais il encadre l’intention et la trajectoire des négociations. Le projet prévoit l’acquisition par Orion CMC de 40 % des intérêts détenus par Glencore dans Mumi et KCC, sur la base d’une valeur d’entreprise combinée annoncée « d’environ 9 milliards de dollars », dette incluse. La « valeur d’entreprise » est un indicateur qui intègre, au-delà du capital, la dette associée à l’actif : elle vise à refléter un coût global.
Le montage de capital décrit maintiendrait Glencore comme actionnaire majoritaire, avec une répartition différente selon les sociétés :
- Pour Mumi : Glencore resterait à 57 %, Orion CMC entrerait à 38 %, et l’État conserverait 5 %.
- Pour KCC : Glencore serait à 42 %, Orion CMC à 28 %, et Gécamines à 30 %.
Au-delà des pourcentages, le schéma prévoit qu’Orion CMC puisse nommer des administrateurs non exécutifs. Il prévoit aussi qu’Orion puisse diriger la vente de sa quote-part de production à des « acheteurs désignés », conformément au partenariat stratégique entre les États-Unis et la RDC, tout en laissant la gestion des mines à Glencore.
Dans un secteur où la gouvernance et la commercialisation pèsent lourd dans l’équation économique, ce point est loin d’être anodin. D’un côté, l’arrivée d’un partenaire financier peut alléger une partie des risques et soutenir l’expansion des capacités. De l’autre, la question de qui influence les décisions, et qui sécurise des volumes de production, devient un enjeu structurant, notamment pour un pays comme la RDC, dont le cuivre et le cobalt occupent une place centrale dans les chaînes d’approvisionnement industrielles.
Le dossier est encore à une étape intermédiaire. Le communiqué Glencore–Orion précise que l’opération reste conditionnée à une due diligence, à la signature d’une documentation juridiquement contraignante et aux autorisations réglementaires applicables. En pratique, l’issue dépendra aussi des équilibres de gouvernance et des validations des parties prenantes congolaises. Glencore et Orion disent vouloir travailler avec le gouvernement et Gécamines, un signal que les discussions porteront autant sur les termes économiques que sur l’architecture du pouvoir et des responsabilités.
