Les premiers paiements d’arriérés de salaires de diplomates congolais ont démarré ces derniers jours. Une question domine les discussions, l’origine des fonds. D’après des sources proches du ministère des Finances, l’argent mobilisé ne vient pas d’un financement direct du Fonds monétaire international (FMI), mais d’un appui associé à l’Agence française de développement (AFD), dans le cadre du règlement de petites créances de la dette intérieure, évaluées entre 0 et 137 000 USD.
La première tranche a été exécutée sous la responsabilité du ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, sur la base d’une liste de bénéficiaires déjà établie avant son arrivée. Une source interne affirme que « aucun nom n’a été ajouté », pour écarter l’idée d’une liste modifiée au dernier moment.
Ces paiements s’inscrivent dans un dossier plus large, celui de la dette intérieure. Dans l’administration, surtout dans le secteur diplomatique, des agents accumulent parfois plusieurs années de retard de rémunération, avec des conséquences directes sur le fonctionnement des services et la vie des familles concernées.
Pourquoi le FMI est cité, et ce que son programme finance réellement
Le FMI accompagne la RDC à travers un cadre macroéconomique, notamment via le programme de la Facilité élargie de crédit (FEC). L’objectif est de soutenir la stabilité des finances publiques, renforcer les réserves de change et appuyer des réformes. Mais cet appui ne correspond pas, selon les informations disponibles, à un financement ciblé qui payerait directement une catégorie précise de salaires ou des arriérés de diplomates.
C’est là que naît la confusion. Assimiler un appui du FMI à un paiement direct de créances salariales revient à mélanger deux logiques différentes, l’une qui soutient des équilibres globaux, l’autre qui règle des dettes précises identifiées dans le circuit budgétaire.
Selon les mêmes sources, l’AFD aurait, de son côté, apporté un appui budgétaire permettant de déclencher une première série de règlements sur des petites créances de la dette intérieure, incluant des arriérés considérés comme prioritaires. Les autorités financières reconnaissent toutefois qu’aucun document public ne détaille encore, de manière formelle, l’affectation exacte ligne par ligne. Dans l’approche habituelle de l’AFD, les financements visent des projets de développement et des réformes, pas un paiement direct de salaires, ce qui suggère un mécanisme de mise en œuvre spécifique validé entre les parties.
Une deuxième vague de paiements est annoncée dans les prochaines semaines, selon une correspondance du Directeur général de la dette publique. En parallèle, une mission de contrôle est en cours pour vérifier l’effectivité des paiements déjà réalisés et limiter les risques d’irrégularités, un point sensible dès qu’il s’agit d’arriérés et de listes de bénéficiaires.
— M. KOSI
