Le 5ème avenant du partenariat sino-congolais Sicomines porte l’engagement annoncé en infrastructures de 3,2 à 7 milliards de dollars. L’annonce d’un audit de cette convention en 2026 ouvre une fenêtre sur une question que la société civile congolaise pose depuis des années : quelle est la distance réelle entre les promesses et les réalisations concrètes ?
La convention Sicomines, conclue entre la RDC et un consortium d’entreprises chinoises, repose sur un principe en apparence simple. Des ressources minières sont cédées en contrepartie d’investissements en infrastructures. Mais le mécanisme de financement, les conditions de remboursement et les modalités de sélection des projets n’ont pas toujours été transparents. Les cinq avenants successifs ont modifié les termes initiaux du contrat, notamment les volumes de cuivre et de cobalt engagés en contrepartie et la liste des projets éligibles au financement.
Des routes, des hôpitaux, des bâtiments administratifs et des infrastructures hydrauliques figurent dans la liste des projets financés par Sicomines. Certains ont été livrés et sont opérationnels. D’autres affichent un état d’avancement incertain, ou ont été réceptionnés avec une qualité contestée par des ingénieurs indépendants.
Un audit pour combler le fossé entre décaissements et ouvrages réels
Le cœur de l’investigation que doit mener l’audit annoncé porte sur la comparaison entre les montants décaissés, les contrats attribués et l’état réel des ouvrages sur le terrain. Les entreprises de BTP adjudicataires et les modalités de sélection des sous-traitants méritent une attention particulière dans cet exercice.
Des organisations congolaises de la société civile réclament depuis plusieurs années la publication intégrale des conventions et avenants, ainsi que des rapports de suivi produits par les structures de contrôle. Pour que cet audit soit crédible, trois conditions s’imposent. Il doit être indépendant. Il doit être exhaustif. Et ses conclusions doivent être rendues publiques dans des délais raisonnables.
— Joldie KAKESA
