Sud-Kivu : Kinshasa suspend les activités minières à Mwenga et Shabunda pendant trois mois

Le gouvernement congolais a suspendu pour une durée de trois mois toutes les activités minières dans les territoires de Mwenga et Shabunda, au Sud-Kivu. La décision, prise par le ministère des Mines à travers un arrêté signé le 22 mai 2026, intervient dans un contexte de multiplication des exploitations minières illicites dans cette partie de l’Est de la RDC, où l’insécurité et les trafics de minerais continuent de préoccuper les autorités.

Dans son arrêté, le ministère explique que cette mesure fait suite aux rapports des services administratifs de l’État ainsi qu’aux conclusions d’enquêtes parlementaires menées dans la région. Kinshasa estime que certains circuits informels d’exploitation et de commercialisation des minerais contribuent à alimenter des réseaux de déstabilisation dans des zones déjà fragilisées par la présence de groupes armés et les activités criminelles transfrontalières. Les autorités considèrent ainsi que l’exploitation illégale des minerais constitue aussi un enjeu de sécurité nationale.

Une mission de contrôle déployée dans les deux territoires

Mwenga et Shabunda figurent parmi les territoires miniers importants du Sud-Kivu. On y exploite notamment de l’or, du coltan, de la cassitérite et d’autres minerais stratégiques utilisés dans plusieurs industries technologiques. Depuis plusieurs années, les autorités congolaises et des organisations internationales alertent sur les difficultés à contrôler certains sites artisanaux de l’Est du pays, où une partie des minerais échappe encore aux circuits officiels de traçabilité et de taxation.

À la suite de cette suspension, le ministre des Mines a chargé l’Inspection générale des Mines de mener une mission de contrôle en collaboration avec d’autres services publics. Cette opération devra vérifier la conformité des activités minières, identifier les exploitants impliqués dans les activités dénoncées et proposer des mesures correctives prévues par la législation minière congolaise. Le secrétariat général aux Mines est chargé d’appliquer immédiatement cette décision.

Cette suspension intervient alors que la RDC cherche à renforcer le contrôle de ses minerais stratégiques, devenus très recherchés dans les chaînes mondiales d’approvisionnement liées aux batteries, aux technologies numériques et à la transition énergétique. Mais cette mesure pourrait aussi affecter les revenus de nombreuses familles vivant de l’exploitation artisanale dans ces territoires, où les alternatives économiques restent limitées.

— Joldie KAKESA

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