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Transport routier : Avancée technique sur la RN8, 10 km rénovés pour connecter la Tshuapa à Kisangani

Bokolongo-Buende

Sur la Nationale n°8, 10 des 44 kilomètres ciblés ont déjà été rechargés, offrant un souffle nouveau au transport entre la Tshuapa et Bokolongo-Buende. Cette avancée, communiquée lundi par l’Office des routes, s’inscrit dans une opération d’envergure censée désenclaver la région de l’Équateur et soutenir les échanges commerciaux dans le nord-ouest de la RDC, où plus de 80 % du transport de marchandises dépend du réseau routier, selon le ministère des Infrastructures.

La RN8 joue un rôle technique déterminant : une fois entièrement réhabilitée, elle connectera la Tshuapa à Basankusu, puis à Kisangani via Diowa, Bokolongo-centre et Ikena. Cet axe routier, longtemps délaissé, est redevenu un sujet d’investissement prioritaire face à la nécessité de fluidifier la circulation des biens et de réduire la volatilité des prix dans les zones enclavées. À l’échelle nationale, les coupures de routes entraînent systématiquement une hausse immédiate des coûts de transport, qui se répercute sur le panier du consommateur.

Sur le terrain, les travaux avancent dans un contexte marqué par la saison des pluies et des difficultés logistiques. La première étape a consisté à rétablir la circulation sur une chaussée endommagée, avant le début du rechargement technique du revêtement, un procédé qui vise à consolider la structure pour permettre le passage de véhicules de fort tonnage. Ce choix s’explique par la nécessité de fiabiliser le transport commercial et d’assurer une desserte continue, condition sine qua non d’un développement régional intégré.

Les chiffres fournis par l’Office des routes confirment la cadence, malgré les retards du lancement initial. Un responsable technique sur place souligne que l’intensification des équipes a permis de rattraper une partie du temps perdu. Le suivi régulier du projet répond aussi à la demande de transparence, après la circulation de rumeurs concernant un ralentissement du chantier.

La stratégie gouvernementale s’inscrit dans une politique de réinvestissement massif sur l’ensemble du réseau national. Selon les estimations officielles, près de 2 500 km de routes prioritaires devraient être réhabilités d’ici 2025, dans une perspective d’intégration économique accrue et de réduction des disparités régionales. La Banque africaine de développement et d’autres partenaires techniques internationaux accompagnent ce programme pour garantir la mobilisation des ressources et l’application des standards techniques requis.

La remise en service partielle de la RN8 génère déjà des effets concrets : les transporteurs font état d’une réduction du temps de parcours de près de 40 % sur la partie rechargée. Cette évolution, encore limitée, amorce une amélioration des flux logistiques et commerciaux entre l’Équateur et la Tshuapa, où l’économie locale dépend largement de l’accessibilité aux marchés urbains.

Pour l’Office des routes, la réussite du projet repose désormais sur la rigueur dans le suivi technique et l’adhésion des populations locales à l’effort de préservation de l’infrastructure. Un message relayé par la direction, soucieuse de rassurer sur la capacité de l’État à tenir ses engagements, dans un secteur où chaque kilomètre réhabilité a un effet mesurable sur la circulation monétaire et la stabilité des prix régionaux.

— Peter MOYI

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