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Tshopo : neuf tonnes de cuivre de Lubutu bientôt exportées vers Hong Kong

anodes de cuivre

La province de la Tshopo commence à se positionner dans l’exploitation du cuivre, un secteur historiquement dominé par le Grand Katanga. Selon un communiqué consulté dimanche, environ neuf tonnes de cuivre produites dans le territoire de Lubutu devraient être exportées vers Hong Kong après la finalisation des formalités administratives et fiscales. L’annonce a été faite par Johnny Makundo, représentant de la société Kibara Minerals, à l’issue d’une audience avec le gouverneur de province, Paulin Lendongolia.

Cette opération s’inscrit dans un partenariat entre Kibara Minerals et Umoja Wetu pour l’exploitation et l’exportation du cuivre produit dans cette partie du pays. Pour les autorités provinciales, ce projet représente une première étape dans la diversification de l’économie minière de la Tshopo, jusque-là moins présente dans la filière du cuivre comparée aux provinces du Lualaba et du Haut-Katanga. Le minerai concerné proviendrait notamment de Lubutu avant son transfert vers la Tshopo, dans le respect des procédures administratives et minières en vigueur.

« Depuis l’indépendance, lorsqu’on parlait du cuivre en République démocratique du Congo, on faisait principalement référence au Katanga. Aujourd’hui, la Tshopo entre également dans le secteur du cuivre », a déclaré Johnny Makundo selon le communiqué. Même si les volumes annoncés restent encore faibles face aux millions de tonnes produites chaque année dans le Copperbelt congolais, cette exportation garde une portée économique et symbolique pour la province. Elle montre que plusieurs régions du pays cherchent désormais à mieux valoriser leurs ressources minières dans un contexte de forte demande mondiale pour les métaux utilisés dans l’industrie et les technologies.

Le choix de Hong Kong comme destination confirme aussi le poids des circuits commerciaux asiatiques dans les exportations minières congolaises. Pour plusieurs analystes, la question principale reste toutefois celle de la transformation locale. La RDC continue d’exporter une grande partie de ses minerais sous forme brute ou faiblement transformée. Le développement d’unités métallurgiques, des infrastructures énergétiques et des activités de raffinage pourrait permettre aux provinces minières de capter davantage de valeur et de créer plus d’emplois autour de la chaîne minière.

Les responsables de Kibara Minerals estiment néanmoins que ce projet peut ouvrir de nouvelles perspectives économiques pour la Tshopo et encourager d’autres investissements productifs dans la province. Selon le communiqué, le gouverneur Paulin Lendongolia considère cette initiative comme un levier potentiel pour soutenir l’économie provinciale et renforcer les recettes locales.

— Peter MOYI

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