Zambie : l’audit RMAP de la raffinerie de Nkana redonne de l’air à la chaîne cuivre, un signal suivi par la banque centrale

Konkola Copper Mines (KCM) a bouclé, les 29 et 30 septembre 2025, l’évaluation du Responsible Mineral Assurance Process (RMAP) à la raffinerie de cuivre de Nkana. D’après le rapport préliminaire, l’audit s’est terminé sans action corrective. Un résultat qui tranche avec 2023, quand l’usine avait perdu sa certification du London Metal Exchange (LME).

Pour un pays exportateur de cuivre, ce type de validation n’est pas seulement un sujet industriel. C’est aussi une question de flux de devises. Quand un transformateur est jugé conforme à un référentiel international, il rassure les acheteurs sur la traçabilité et les standards de production. Cela peut sécuriser des contrats, réduire les frictions commerciales et stabiliser les débouchés. Or, des ventes plus prévisibles de cuivre se traduisent, en théorie, par des recettes d’exportation plus régulières.

Cette régularité compte pour la politique monétaire. Dans les économies où les devises viennent largement des matières premières, la qualité de la chaîne d’exportation influence la disponibilité de dollars et d’euros dans le système. Plus les entrées de devises sont stables, plus la banque centrale peut piloter la liquidité en monnaie locale et limiter les à-coups sur le taux de change, qui finissent souvent par se répercuter sur les prix à la consommation via les importations.

KCM indique que cette performance reflète un renforcement de la gouvernance interne, des systèmes opérationnels et de la coordination entre équipes. Dans la foulée, la raffinerie de Nkana a été inscrite sur le site de la Responsible Minerals Initiative (RMI) comme transformateur de cuivre conforme au cadre RMAP. KCM affirme être, à ce stade, le seul producteur zambien en conformité avec ce référentiel.

Au-delà de l’image, l’enjeu est clair : rester dans les radars des marchés qui exigent des garanties sur la transparence des chaînes d’approvisionnement et sur les standards environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). Pour la Zambie, chaque progrès qui consolide la crédibilité du cuivre à l’export est un signal potentiellement favorable à l’équilibre externe, donc à la stabilité monétaire.

Peter MOYI

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