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79 % des 546 Kinois sondés critiquent l’inefficacité des mesures de circulation alternée (Rapport)

MNCL

Les mesures visant à améliorer la circulation dans Kinshasa, notamment la mise en place de voies à sens unique, continuent de faire débat parmi les habitants. Une enquête récente, réalisée par le Mouvement national des consommateurs lésés (MNCL), a permis de recueillir les avis d’un échantillon de 546 personnes sur l’impact de ces changements. Les résultats, révélateurs d’un mécontentement général, témoignent des défis que représente la gestion du trafic dans une ville en constante expansion.

Près de huit Kinois sur dix estiment que les nouvelles dispositions n’ont pas réussi à décongestionner les routes, malgré leur adoption par une majorité d’usagers. Beaucoup pointent des lacunes dans leur application, évoquant un manque de clarté dans la signalisation ou encore une adaptation jugée difficile. Si certains automobilistes reconnaissent une légère amélioration, ils restent minoritaires, alors qu’une proportion importante déclare que leurs trajets se sont allongés depuis la mise en place de ces mesures. Les piétons, de leur côté, rapportent également des conséquences négatives sur leurs activités quotidiennes.

La gestion du trafic par les forces de l’ordre suscite également des critiques. Une majorité des personnes interrogées estime que les agents en charge de la régulation n’ont pas suffisamment anticipé les défis posés par cette nouvelle organisation. Des attentes émergent clairement : davantage de présence policière sur le terrain, des investissements conséquents dans les infrastructures et des campagnes éducatives pour sensibiliser les citoyens au respect des règles de circulation.

Au-delà des chiffres, cette enquête révèle aussi une autre réalité : la faible implication des femmes dans ce type de consultations. Elles ne représentent que 24 % des participants, un chiffre qui interroge sur leur place dans les discussions relatives à la mobilité et aux aménagements urbains. Le MNCL évoque des facteurs socioculturels qui pourraient expliquer cette sous-représentation, mais regrette l’absence de perspectives féminines, pourtant essentielles à une vision inclusive des solutions.

Dans son discours au Parlement, le président Félix Tshisekedi a lui-même reconnu les limites des dispositifs en place, tout en partageant les préoccupations des habitants face aux embouteillages chroniques. Sa promesse de réévaluer les mesures actuelles et d’apporter des ajustements reflète l’urgence de trouver des réponses concrètes à un problème qui touche à la fois la qualité de vie et l’économie locale. Cependant, les Kinois attendent davantage que des déclarations : ils espèrent des actions visibles et efficaces pour transformer leur quotidien.

— M. KOSI

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