En République démocratique du Congo (RDC), un défi de taille persiste dans le secteur agricole : l’absence d’une régulation claire pour l’activité semencière. Alors que l’agriculture constitue un levier économique majeur, le sous-secteur des semences demeure freiné par un vide juridique qui compromet sa croissance et sa contribution à la sécurité alimentaire.
Lors d’un atelier dédié à la sensibilisation sur ce sujet, le ministre d’État chargé de l’Agriculture a mis en lumière les conséquences de ce manque de cadre légal. Sans réglementation appropriée, les acteurs du secteur évoluent dans un environnement marqué par des pratiques informelles, rendant difficile la garantie de la qualité et de la disponibilité des semences sur le marché.
Cette situation a un impact direct sur les agriculteurs, dont la plupart, travaillant à petite échelle, peinent à accéder à des semences certifiées. Dans un pays où 70 % de la population dépend de l’agriculture, cette faiblesse structurelle freine considérablement les efforts de lutte contre l’insécurité alimentaire.
Pourtant, les chiffres montrent que la RDC dispose d’un potentiel agricole immense : sur 80 millions d’hectares de terres arables, moins de 10 % sont exploités. Si des semences améliorées et accessibles étaient mises à disposition, les rendements agricoles pourraient augmenter de manière significative. Les experts estiment que ces progrès permettraient non seulement de nourrir la population croissante, mais aussi d’envisager des exportations agricoles à moyen terme.
Le ministère de l’Agriculture a annoncé un projet ambitieux pour combler ce vide législatif. Ce texte en préparation vise à poser les bases d’une régulation claire, incluant des normes strictes sur la production, la certification et la distribution des semences. Cette démarche est soutenue par plusieurs partenaires internationaux, qui encouragent également des investissements dans la recherche agricole et les infrastructures.
Lors de l’atelier, les discussions ont aussi porté sur l’urgence de mobiliser des ressources supplémentaires pour le secteur agricole. Actuellement, moins de 2 % du budget national y est consacré, un niveau insuffisant au regard des enjeux. Les participants, composés d’agriculteurs, d’entrepreneurs et d’experts, ont plaidé pour une augmentation significative de ces financements.
Ce chantier législatif, s’il aboutit, pourrait être un tournant pour l’agriculture congolaise. Il s’agit non seulement d’améliorer la production locale, mais aussi de renforcer la résilience des communautés rurales face aux défis climatiques et économiques. L’espoir d’une réforme profonde est désormais porté par des acteurs déterminés à transformer ce potentiel inexploité en moteur de croissance durable.
M. KOSI
