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Climat des affaires : la FEC appelée à s’engager aux côtés de l’État contre la corruption

Guylin Nyembo

À Kinshasa, le Forum de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) du 26 août 2025 a mis en avant une idée forte : la lutte contre la corruption ne relève plus seulement de l’État, elle engage aussi directement le secteur privé. Le Ministre d’État, en charge du Plan et de la Coordination de l’Aide au Développement, Guylain Nyembo, a insisté sur cette responsabilité partagée en soulignant que « la corruption est un couteau à double tranchant« .

L’intervention du ministre intervient dans un contexte où le gouvernement a adopté en février une feuille de route dédiée à l’amélioration du climat des affaires. Ce document place la transparence et la rigueur budgétaire au centre des priorités nationales, un choix stratégique pour un pays qui cherche à diversifier ses sources de financement et attirer davantage d’investissements directs étrangers.

Réformes et leviers de confiance

Parmi les mesures mises en avant figurent le renforcement des organes de contrôle comme l’Inspection générale des finances (IGF), la Cour des comptes et l’Agence de prévention et de lutte contre la corruption (APLC). Ces institutions, déjà actives dans la détection des irrégularités financières, se voient confier un rôle accru pour moraliser la gestion publique et privée.

La dématérialisation progressive des procédures administratives est également présentée comme un levier central. Elle vise à limiter les contacts directs entre agents et opérateurs économiques, considérés comme l’un des foyers classiques de pratiques illicites. Selon une étude récente de la Banque mondiale sur la gouvernance en Afrique centrale, la digitalisation des services administratifs réduit en moyenne de 25 % les risques de corruption dans les transactions publiques.

En rappelant que le secteur privé n’est pas exempt de responsabilités, Guylain Nyembo met la FEC devant ses propres engagements. Pour lui, la compétitivité de la RDC passe autant par l’assainissement des pratiques des entreprises que par le renforcement de la gouvernance publique.

Cette approche s’inscrit dans une logique plus large : rétablir la confiance entre investisseurs et institutions, condition nécessaire pour que la RDC puisse exploiter son poids économique en Afrique et peser davantage sur les échanges internationaux.

— M. MASAMUNA

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