Cobalt, coltan, germanium : la RDC entre dans le club des pays qui stockent des métaux critiques pour peser sur les marchés

La République démocratique du Congo rejoint l’Union européenne et les États-Unis dans la constitution de stocks stratégiques de métaux critiques. Patrick Luabeya, chef de l’ARECOMS, l’organisme gouvernemental chargé de réguler et contrôler le marché de certains minerais stratégiques, a annoncé au Financial Times un projet de constitution de réserves de cobalt, de coltan et de germanium.

L’objectif affiché est explicite : « posséder un outil pour contrôler et équilibrer le marché », selon les termes de Luabeya. En accumulant des stocks physiques de ces trois métaux, Kinshasa se donne la capacité d’intervenir sur l’offre mondiale pour soutenir les cours en période de baisse ou de freiner une hausse excessive des volumes disponibles.

Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de montée en puissance de la RDC comme acteur de marché à part entière. Le pays produit plus de 70 % du cobalt mondial, est le premier fournisseur mondial de coltan, minerai indispensable aux condensateurs électroniques, et dispose de réserves de germanium, métal utilisé dans les semi-conducteurs et les fibres optiques.

L’ARECOMS avait déjà activé un mécanisme de quotas sur le cobalt, réservant 10 % des exportations nationales à l’État, soit environ 9 600 tonnes pour 2026. La constitution de réserves stratégiques constitue l’étape suivante, transformant ces quotas en levier d’action directe sur les marchés internationaux.

Pour les acheteurs industriels en Europe, aux États-Unis et en Asie, cette évolution signifie que la RDC ne se contentera plus de vendre ce qu’elle produit au prix du marché. Elle entend désormais influer sur la formation de ce prix elle-même.

— Joldie KAKESA

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