Cobalt, la RDC tarde à relancer les exportations et les prix montent de 117 % en 2025

La reprise des exportations de cobalt en RDC reste bloquée, alors que le pays fournit environ 70 % du cobalt mondial. Sur les marchés, l’incertitude entretient la tension sur les prix, avec une hausse de 117 % de la tonne depuis le 1er janvier 2025.

En février 2025, les autorités congolaises ont suspendu les exportations de cobalt. L’objectif affiché était de pousser les prix à la hausse, à un moment où ils étaient au plus bas depuis plusieurs années. Après huit mois de suspension, l’État a autorisé une reprise encadrée, avec des règles strictes pour éviter un retour à des volumes incontrôlés.

Une décision datée du 10 octobre 2025 a fixé un plafond d’exportation pour le 4e trimestre 2025, sur la période du 16 octobre au 31 décembre, limité à 18 125 tonnes. Le texte ajoutait une règle très dure, « ce qui n’est pas exporté au 31 décembre est perdu ». Les volumes non exportés devaient basculer dans un « quota stratégique », c’est-à-dire devenir la propriété de l’État.

Le problème, c’est que les entreprises n’ont pas eu les moyens pratiques d’utiliser leurs quotas à temps. Entre la levée formelle de la suspension et la publication des procédures opérationnelles, près de six semaines se sont écoulées. Les industriels, dont le suisse Glencore et le chinois CMOC, attendaient toujours un document précisant les nouvelles étapes à suivre. Ce texte n’a été publié que le 2 décembre, soit trop tard pour organiser des ventes et des expéditions dans des délais aussi courts.

Quotas, procédures en 19 étapes et flou sur les responsabilités

Les nouvelles procédures d’exportation imposent jusqu’à 19 étapes. Plusieurs acteurs du secteur les jugent lourdes et difficiles à tenir avant le 31 décembre. La Chambre des mines de la FEC critique aussi le processus, en affirmant ne pas avoir été consultée et en estimant que ses préoccupations n’ont pas été intégrées.

Le régulateur a lancé des essais pilotes de vente, notamment avec une filiale de Glencore en RDC, mais les résultats n’étaient pas encore disponibles selon les informations rapportées. Dans le même temps, une communication attribuée à l’ARESCOM indique que les parts de vente autorisées mais non utilisées en 2025 seraient conservées par les entreprises en 2026. Cette annonce surprend, car elle ne s’appuie pas sur un texte formel, donc elle pourrait ne pas protéger les opérateurs en cas de désaccord avec l’administration.

Sur le fond, l’absence de ventes ne semble pas venir d’un manque de volonté des entreprises, mais de lenteurs administratives. Or, la décision qui limite les exportations ne dit pas clairement ce qui se passe si les quotas ne sont pas utilisés à cause de blocages venant de l’administration elle-même. Résultat, les acheteurs restent sans visibilité sur une normalisation rapide dès début 2026, alors que le cobalt est un métal clé pour les batteries de smartphones, de véhicules électriques et, plus largement, pour les technologies liées à la transition énergétique.

Des sources proches du secteur évoquent des précisions possibles sur le sort des quotas autorisés mais non utilisés d’ici la fin de la semaine. En attendant, la filière termine l’année dans une incertitude qui pèse à la fois sur les opérations et sur les prix.

— M. KOSI

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