La mine de Kamoa-Kakula, en République démocratique du Congo, produit actuellement 1 600 tonnes d’acide sulfurique par jour, dans un contexte de forte hausse des prix sur le Copperbelt. L’acide, vendu entre 470 et 500 USD la tonne, est devenu un intrant essentiel pour le traitement des minerais oxydés de cuivre dans la région.
Cette production intervient alors que les opérateurs miniers font face à une pression sur l’approvisionnement. Selon Robert Friedland, président fondateur d’Ivanhoe Mines, la hausse récente des prix s’explique par la rareté du soufre importé, notamment via le détroit d’Hormuz, par lequel transite une grande partie des volumes destinés au Copperbelt. Cette contrainte logistique renchérit le coût de production pour les mines dépendantes de l’acide sulfurique dans leurs procédés de lixiviation.
Kamoa-Kakula présente une configuration particulière. Le gisement exploité repose sur du cuivre sulfuré, qui ne nécessite pas d’acide dans son traitement. Cette spécificité permet à l’entreprise de produire et de commercialiser cet intrant sans en dépendre directement, renforçant ainsi sa position sur le marché régional. Elle devient un fournisseur pour les exploitations voisines, exposées à la volatilité des prix.
Une contrainte logistique qui pèse sur la production régionale
Les acteurs du secteur soulignent que toute perturbation dans l’approvisionnement en soufre pourrait accentuer les tensions sur le marché de l’acide sulfurique. Dans un environnement où la logistique reste dépendante de corridors maritimes sensibles, les variations de prix peuvent affecter directement la rentabilité des mines de cuivre oxydé.
Cette situation met en évidence un enjeu plus large pour le Copperbelt, où la disponibilité de cet intrant conditionne en partie le niveau de production. Les analystes évoquent la nécessité de diversifier les sources d’approvisionnement et de sécuriser les chaînes logistiques afin de limiter l’exposition aux chocs externes.
Dans ce contexte, Kamoa-Kakula renforce son rôle dans l’écosystème minier régional, en combinant production de cuivre et fourniture d’intrants stratégiques, dans un marché marqué par une volatilité accrue.
— M. MASAMUNA
