Le Président de la République a ordonné au gouvernement de mettre fin à la fuite de l’or vers les marchés informels. Cette stratégie vise à récupérer les recettes publiques et à stabiliser l’économie nationale grâce à une meilleure traçabilité du minerai.
Aujourd’hui, une grande partie de l’or produit en République démocratique du Congo échappe au contrôle de l’État. Lors du Conseil des ministres du 20 février 2026, le Chef de l’État a pointé du doigt plusieurs causes : le poids de l’exploitation artisanale, le manque de contrôle aux frontières et des taxes plus avantageuses chez certains voisins. Des réseaux illégaux profitent de ces failles pour exporter le métal précieux en cachette.
Pour le pays, les conséquences sont lourdes. L’État perd des sommes importantes en impôts et taxes. De plus, le pays ne maîtrise plus les entrées de devises, ces monnaies étrangères indispensables pour assurer la stabilité du franc congolais. Cette situation alimente aussi des circuits financiers obscurs qui menacent la sécurité économique de la nation.
Quatre piliers pour transformer la filière aurifère
Pour corriger ce déséquilibre, le gouvernement a reçu l’ordre de mettre en place une stratégie en quatre points. Le premier axe concerne la traçabilité. L’État veut identifier tous les acteurs du secteur et obliger les mineurs à vendre leur production à des comptoirs agréés. Ces bureaux seront directement reliés à l’administration des mines et à la Banque Centrale du Congo (BCC) pour que chaque gramme d’or soit enregistré officiellement.
Le deuxième levier est économique. Le gouvernement veut rendre le circuit légal plus attirant que le marché noir. Pour cela, il compte ajuster les taxes et proposer aux producteurs un prix basé sur les cours mondiaux, avec des paiements rapides. Si les mineurs gagnent mieux leur vie en vendant à l’État, ils délaisseront naturellement les trafiquants.
Le troisième volet renforce la sécurité. Les contrôles aux points de sortie du pays seront plus stricts. Des audits réguliers et une surveillance accrue des agents publics permettront de limiter les risques de corruption et de fraude. Enfin, la RDC compte discuter avec les pays voisins pour harmoniser les règles et les taxes douanières. L’objectif est d’empêcher que l’or congolais ne soit exporté illégalement pour profiter de lois plus souples ailleurs.
Sous la direction de la Première ministre, plusieurs ministères comme les Mines, les Finances et l’Économie vont travailler ensemble pour appliquer ce plan sans délai. L’exécutif espère ainsi reprendre le contrôle sur cette ressource stratégique et augmenter durablement les revenus du Trésor public.
— Joldie KAKESA
