Le 12 octobre 2025, le franc congolais s’échange entre 1 800 et 1 900 CDF pour 1 USD sur des points de change de Kinshasa, notamment à Bibwa, Kinkole (Nsele) et Petro-Congo (Masina). Au tableau de la BCC, le 7 octobre, le taux indicatif ressortait à 2 400 CDF pour 1 dollar, après 2 885 CDF fin août, soit un redressement de plus de 15 %.
Taux, mesures et effets sur les prix
Le ministère de l’Économie et la Banque centrale du Congo attribuent cette remontée à un resserrement budgétaire, à une gestion stricte des échéances fiscales et à l’ajustement des réserves obligatoires des banques commerciales. La trajectoire vise à stabiliser le marché de change et à renforcer la confiance envers la monnaie. La BCC a également abaissé son taux directeur de 25 % à 17,5 %, signal monétaire destiné à soutenir l’usage du CDF dans les transactions.
Les guichets et cambistes de la capitale ajustent leurs cotations au fil de la demande locale. Dans les quartiers périphériques cités, les ménages perçoivent une meilleure valeur d’échange du franc, perspective d’un pouvoir d’achat en amélioration si la tendance se prolonge et reflue dans les prix. Les étiquetages en francs congolais, rendus obligatoires sur tout le territoire par un texte publié au Journal officiel en août, doivent accélérer la transmission vers les biens et services. Les prix à la consommation n’affichent pas encore une baisse marquée, signe que la transmission du change aux étiquettes reste partielle.
Lors de la 61ᵉ réunion du Conseil des ministres, le Président Félix-Antoine Tshisekedi a salué la performance récente du CDF : +9,1 % depuis août 2025. Il a appelé à réduire les écarts de taux entre zones et à poursuivre la régulation pour consolider la stabilité. Des économistes invitent à la vigilance : certains mouvements peuvent être liés à des flux externes — sorties de capitaux ou importations ponctuelles — qui peuvent brouiller la lecture de court terme. La solidité du redressement dépendra de la discipline budgétaire, de la gestion de la liquidité bancaire et de la cohérence des signaux envoyés aux acteurs de marché.
En ligne de mire : resserrer l’écart entre le taux parallèle et le taux indicatif, améliorer la prévisibilité pour les entreprises, et faire en sorte que la baisse du dollar-CDF se traduise en caisse. Si la stabilité se confirme, la combinaison taux directeur à 17,5 %, étiquetage en CDF et ancrage budgétaire peut accélérer l’alignement des prix avec la nouvelle parité.
— M. KOSI
