À la conférence Mining Indaba 2026 au Cap, le délégué interministériel français Benjamin Gallezot a annoncé que les minerais stratégiques feront partie des sujets du sommet du G7 prévu en juin, organisé cette année par la France. Il a aussi indiqué qu’un rendez-vous franco-africain aura lieu en mai au Kenya pour recueillir les priorités des pays africains avant le G7.
Quatre thèmes au menu : finance, prix, traçabilité, innovation
Selon Benjamin Gallezot, la discussion au G7 devrait couvrir quatre axes.
D’abord, le développement des ressources. L’idée est d’amener plus de financements sur des projets liés aux minerais stratégiques, un segment souvent décrit comme étroit, avec des marchés de petite taille. Concrètement, cela renvoie à la capacité de mobiliser des capitaux pour lancer ou agrandir des mines, mais aussi pour accompagner des étapes de transformation.
Deuxième sujet, l’organisation du marché. La France met en avant la question de prix « justes » et plus stables. Un prix très variable complique tout : pour un pays producteur, il devient difficile de prévoir les recettes ; pour un pays acheteur, il est plus risqué de sécuriser des volumes sur plusieurs années.
Troisième axe, la transparence et la traçabilité dans l’extraction et la chaîne d’approvisionnement. La traçabilité vise à savoir d’où vient le minerai, par quelles étapes il passe et dans quelles conditions il a été produit, un point sensible pour les industriels et pour les États.
Quatrième thème : l’innovation et la « circularité ». Cela recouvre, par exemple, de nouvelles méthodes de production et le fait de réutiliser davantage les métaux via le recyclage pour réduire la pression sur l’extraction.
Benjamin Gallezot a aussi insisté sur la volonté de « tendre la main » à des pays hors G7 : « Quels sont vos besoins ? Que doit porter la France au G7 ? ». Il a enfin rappelé que l’Europe préfère importer des minerais transformés plutôt que bruts, tout en soulignant une dépendance liée aux minerais exportés vers la Chine. Son inquiétude principale reste l’accès à l’énergie : pour lui, l’enjeu est de financer davantage de projets d’électricité en Afrique, à la fois pour les populations et pour soutenir la transformation des minerais, un chantier qui « prend du temps ».
— M. KOSI
