Garde républicaine mise en cause : le CNPAV presse la Présidence de clarifier et d’ouvrir une enquête sur les filières illégales de cobalt

Le 10 octobre, à la suite des révélations d’Africa Intelligence, la plateforme citoyenne « Le Congo n’est pas à vendre » (CNPAV) exhorte le chef de l’État à se démarquer publiquement de toute implication présumée de proches et de membres des services de sécurité dans un présumé pillage de cobalt au Lualaba et au Haut-Katanga. L’affaire évoque des pertes pour l’État évaluées à près de 2 milliards USD.

« Le CNPAV exhorte le Président de la République, Félix Tshisekedi, à se désolidariser publiquement de toute implication présumée de proches ou de services de sécurité dans le pillage du cobalt, et à instruire l’ouverture d’une enquête indépendante », écrit la plateforme sur X. Elle prévient qu’un silence officiel abîmerait le climat des affaires et l’image de l’institution présidentielle.

Ce que dit l’enquête d’Africa Intelligence

Signée par le journaliste Olivier Liffran et titrée « Les liaisons dangereuses du clan Tshisekedi avec les cartels de pilleurs de cobalt », l’investigation décrit d’éventuelles connexions entre des membres de la famille présidentielle, des opérateurs étrangers et des circuits illégaux d’extraction. Le Lualaba, cœur des réserves mondiales de cobalt, est au centre du récit. Le média affirme que des officiels en mission venus de Kinshasa auraient été empêchés d’accéder à certains sites par des éléments de la Garde républicaine, accusés de sécuriser des opérateurs engagés dans des extractions illicites de cobalt et de cuivre.

Au-delà de l’onde de choc à Kinshasa et dans la diaspora, la dimension financière domine : Africa Intelligence avance un manque à gagner proche de 2 milliards USD pour le Trésor, en lien avec un réseau qui impliquerait des personnalités proches du pouvoir, y compris des membres de la fratrie présidentielle. Ces assertions relancent des questions de gouvernance minière, de traçabilité et de recettes publiques dans deux provinces structurantes pour les exportations.

Sur le terrain diplomatique, la séquence intervient alors que Félix Tshisekedi participe à Bruxelles au forum Global Gateway, où il plaide pour des investissements dans l’énergie et les mines. En parallèle, une plainte pour spoliation minière a été déposée à Bruxelles visant des membres de sa famille, selon le même journaliste. À ce stade, aucune réaction officielle du gouvernement n’a été publiée.

L’appel du CNPAV cible une issue procédurale claire : une instruction d’enquête indépendante et une prise de distance publique, afin de protéger la crédibilité de la présidence, le cadre d’investissement et les recettes minières. La réponse institutionnelle attendue conditionnera la suite judiciaire et politique de ce dossier sensible.

— M. KOSI

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