À Goma, capitale économique du Nord-Kivu, des acteurs du monde des affaires se sont réunis dans un contexte où le bruit des armes continue de faire écho. Pourtant, c’est une tout autre forme de combat qui a animé la rencontre organisée par la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) : celui de préserver et renforcer l’activité économique, même en période de conflit. Ce 26 décembre, l’objectif était clair : équiper les entrepreneurs de la région d’un guide leur permettant d’investir avec discernement, malgré l’instabilité ambiante.
Cette initiative s’inscrit dans une démarche plus large de consolidation de la paix par le commerce transfrontalier, impliquant également le Burundi et le Rwanda. Elle met en lumière une évidence souvent ignorée : l’économie n’est pas qu’une victime des conflits, elle peut aussi en être un antidote. Les participants, venus de divers horizons – chefs d’entreprises, fonctionnaires, facilitateurs économiques et responsables d’agences en douanes – ont souligné l’importance de maintenir un tissu économique actif pour amortir les chocs des crises récurrentes.
Sylvie Mwengesyali, qui dirige une petite entreprise agroalimentaire, a partagé une réflexion qui a trouvé un écho chez nombre de ses pairs. « Même en pleine crise, les gens doivent manger, y compris ceux qui causent les troubles. C’est pourquoi nous, entrepreneurs, avons le devoir de continuer à travailler, quoi qu’il arrive », a-t-elle affirmé avec conviction.
Ce guide d’investissement se veut un outil pratique pour les entrepreneurs, les aidant à naviguer dans un environnement économique complexe et souvent imprévisible. Il ne s’agit pas simplement de maintenir les affaires à flot, mais aussi de contribuer à la résilience collective de communautés entières, en transformant les entreprises locales en piliers de stabilité. Les enjeux vont au-delà des frontières : en encourageant la collaboration économique régionale, le projet aspire à atténuer les tensions par des échanges commerciaux mutuellement bénéfiques.
L’initiative, bien que modeste à première vue, illustre la capacité de l’économie à créer des ponts là où la politique échoue souvent. Dans une région où les conflits ont trop longtemps freiné le développement, les acteurs économiques refusent de céder au désespoir. Leur message est clair : investir en temps de crise n’est pas un acte de défi, mais un acte d’espoir.
— Peter MOYI
