Ivanhoe Mines : en 2025, Kamoa-Kakula pèse 3,28 milliards USD et le groupe dégage 228 millions USD de bénéfice net

Ivanhoe Mines termine 2025 avec un bénéfice net de 228 millions USD, contre 193 millions USD un an plus tôt. Le groupe annonce aussi un EBITDA ajusté de 578 millions USD, un indicateur qui mesure la performance opérationnelle avant intérêts, impôts et certaines charges comptables. Cette progression s’appuie surtout sur ses actifs en République démocratique du Congo (RDC), dans un contexte de prix élevés du cuivre et du zinc.

Au cœur des résultats, le complexe cuprifère Kamoa-Kakula, en RDC, concentre l’essentiel de la création de valeur. Selon les chiffres communiqués, le site réalise 3,28 milliards USD de chiffre d’affaires sur l’année et génère 1,45 milliard USD d’EBITDA, soit une marge de 44 %. Autrement dit, près de la moitié des revenus se transforme en résultat opérationnel avant la prise en compte des charges financières, fiscales et d’amortissement.

Coûts sous contrôle, fonderie en montée en puissance

Kamoa-Kakula vend 351 674 tonnes de cuivre en 2025, à un prix moyen réalisé de 4,40 USD par livre (lb). Pour situer l’ordre de grandeur, la livre est une unité de poids souvent utilisée sur les marchés des métaux : 1 tonne équivaut à environ 2 204,6 lb.

Le groupe met en avant un coût comptant C1 de 2,16 USD/lb. Le C1 correspond généralement aux coûts directs nécessaires pour produire le métal (extraction, traitement, logistique et charges d’exploitation directement liées). Ivanhoe indique aussi un coût des ventes de 2,82 USD/lb, une mesure plus large qui intègre des éléments additionnels liés à la vente et à la production. L’écart entre le prix réalisé et ces coûts aide à comprendre pourquoi le site affiche une marge élevée.

L’année n’a pas été sans aléas. La production est annoncée comme perturbée depuis mai. Malgré ces difficultés, Ivanhoe mise sur la montée en puissance de sa fonderie, déjà au-delà de 60 % de capacité. Le groupe anticipe qu’en 2026, les ventes pourraient dépasser la production d’environ 30 000 tonnes, grâce au déstockage des concentrés. En clair, l’entreprise compte vendre une partie des volumes produits auparavant et stockés, ce qui peut soutenir le chiffre d’affaires si les conditions de marché restent favorables.

Autre actif congolais clé : la mine de Kipushi, relancée et désormais orientée zinc. En 2025, Kipushi affiche 441 millions USD de revenus et 91 millions USD d’EBITDA. Les ventes atteignent 171 275 tonnes de zinc, avec un coût C1 de 0,92 USD/lb. Sur le dernier trimestre, la marge trimestrielle monte à 32 %, ce qui positionne l’opération parmi les producteurs de zinc les plus efficients du marché, selon les éléments fournis.

En parallèle, Ivanhoe prépare la suite de sa stratégie en Afrique du Sud avec Platreef, où une expansion vise une hausse de production de plus de 400 % à partir du quatrième trimestre 2027. À fin 2025, le groupe indique disposer d’une trésorerie de 885 millions USD, un matelas financier qui peut faciliter le financement des projets et absorber les cycles des matières premières.

Enfin, l’entreprise avance un objectif de baisse des coûts à Kamoa-Kakula, avec un C1 attendu en repli jusqu’à 1,90 USD/lb à l’horizon 2027. Si les cours du cuivre se maintiennent, une diminution du coût unitaire peut accroître mécaniquement les marges et les flux de trésorerie, un point central pour des mines fortement exposées à la volatilité des prix des métaux.

— M. MASAMUNA

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