Site icon LePoint.cd

Kisangani : 59 millions de dollars mobilisés via le FRIVAO pour un réseau électrique modernisé

frivao kisangani

Kisangani, capitale provinciale de la Tshopo, est sur le point de tourner une page sombre de son histoire énergétique. Le gouvernement congolais, avec l’appui du Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda (FRIVAO), a débloqué une somme impressionnante de 50 millions de dollars pour électrifier cette ville emblématique. Ce financement est une réponse directe aux aspirations d’une population longtemps éprouvée par un déficit énergétique chronique.

Ce projet ambitieux puise ses racines dans un passé douloureux. La guerre dite des « six jours », qui a opposé les armées rwandaise et ougandaise à Kisangani, a laissé des cicatrices profondes, non seulement sur les infrastructures, mais aussi sur les habitants eux-mêmes. La mise à disposition de ces fonds par le FRIVAO apparaît comme un geste de réparation collective, un effort pour panser les plaies du passé tout en construisant un avenir plus radieux.

L’annonce officielle, faite par le ministère de la Justice, a suscité un élan d’espoir dans la population locale. Pour le Ministre d’État, Constant Mutamba, ce projet n’est pas uniquement une question d’indemnisation, mais un levier pour revitaliser une région stratégique. Il a également précisé que cette enveloppe vient s’ajouter aux 9 millions de dollars déjà affectés à l’amélioration du réseau électrique de Kisangani.

La gestion des fonds a été confiée à la Société nationale d’électricité (SNEL), qui sera responsable de leur déploiement. Lors d’un échange avec les parlementaires de la Tshopo, le Directeur Général de la SNEL, Fabrice Lusinde, a détaillé les grandes lignes d’un plan stratégique visant à stabiliser et moderniser les infrastructures énergétiques de la ville. Selon lui, les travaux incluront à la fois la réparation d’installations vieillissantes et l’introduction de nouvelles technologies pour garantir un approvisionnement durable.

Au-delà des discours techniques, ce projet porte une charge symbolique forte. Pour Justin Bandesana, Président du caucus des députés nationaux de la Tshopo, il s’agit d’un moment crucial où la population commence enfin à percevoir les fruits d’un engagement de l’État envers ses citoyens. La collaboration entre experts nationaux et internationaux, mobilisés pour accompagner la SNEL dans cette tâche complexe, illustre également l’importance accordée à ce chantier.

Dans les rues de Kisangani, l’annonce a réveillé des discussions passionnées. Entre optimisme et scepticisme, les habitants espèrent que cette initiative se traduira par des changements concrets dans leur quotidien. L’électrification de la ville pourrait non seulement améliorer la qualité de vie, mais aussi stimuler l’économie locale, en attirant de nouveaux investissements et en créant des opportunités pour les entreprises.

Alors que les premiers travaux s’apprêtent à démarrer, la réussite de ce projet dépendra de la capacité des parties prenantes à conjuguer transparence, rigueur et efficacité. Dans une ville où l’obscurité symbolise encore les défis du passé, chaque pas vers la lumière sera scruté avec attention.

Par Hilaria KOSI

Quitter la version mobile