Le ministre de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Grégoire Mutshayi, a annoncé ce mardi 17 décembre 2024 une initiative visant à dynamiser la production agricole en République démocratique du Congo (RDC). Chaque territoire du pays, soit un total de 145 zones administratives, recevra cinq tracteurs agricoles avant la fin du mois de mars 2025. Cette mesure s’inscrit dans un effort national pour réduire la dépendance aux importations alimentaires.
Une mesure pour répondre à des besoins urgents
Lors d’un point de presse tenu à Kinshasa, le ministre a précisé que cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme gouvernemental pour la promotion de l’autosuffisance alimentaire. « Les tracteurs permettront aux agriculteurs d’augmenter leurs capacités de production, tout en réduisant les pertes de temps et d’efforts physiques », a souligné Grégoire Mutshayi.
Selon les données fournies par le ministère, le secteur agricole congolais représente environ 20 % du produit intérieur brut (PIB) du pays, mais il reste confronté à de nombreux défis, notamment le manque d’infrastructures, la faible mécanisation et un accès limité aux outils modernes.
En dotant les territoires de ces équipements, le gouvernement espère non seulement améliorer les rendements agricoles, mais également créer un environnement propice au développement des chaînes de valeur locales. Les territoires bénéficiaires seront formés à l’utilisation et à l’entretien des équipements pour garantir leur durabilité.
Un investissement stratégique pour la souveraineté alimentaire
Le projet bénéficie d’un financement public estimé à 21,75 millions de dollars, soit environ 150 000 dollars par territoire pour l’acquisition et la logistique des tracteurs. Cette somme inclut également un volet destiné à la formation des agriculteurs, notamment des jeunes et des femmes, afin d’assurer une répartition équitable des bénéfices.
D’après une étude récente menée par l’Institut national des statistiques (INS), près de 60 % des denrées alimentaires consommées dans les zones urbaines de la RDC sont importées. Cette dépendance coûte au pays plus de 2,5 milliards de dollars par an. En augmentant la production nationale, le gouvernement espère réduire ce déficit commercial tout en garantissant des emplois dans les zones rurales.
Grégoire Mutshayi a également évoqué les défis liés à l’initiative, notamment l’entretien des machines et la disponibilité de carburant. À cet effet, des partenariats avec des acteurs privés locaux sont envisagés pour assurer un approvisionnement continu en ressources nécessaires.
Avec ce programme, la RDC ambitionne de poser les bases d’une véritable transformation agricole, condition essentielle pour répondre aux besoins alimentaires croissants d’une population qui avoisine les 100 millions d’habitants.
M. MATUVOVANGA
