Lualaba, RDC – L’industrie congolaise fait face à un défi de taille : l’intégration des acteurs locaux dans les chaînes de valeur reste faible, laissant une place dominante aux entreprises étrangères. Cette réalité a été dénoncée mercredi lors d’une table ronde tenue à Katebi Beach, où le ministre de l’Industrie a livré un constat amer.
La table ronde, organisée dans un cadre qui se voulait propice au dialogue, a rassemblé des représentants du gouvernement, des entreprises privées et des experts du secteur. Malgré les échanges constructifs, une question essentielle a émergé : pourquoi les nationaux sont-ils si peu présents dans les secteurs industriels clés ?
Pour le ministre, ce déséquilibre reflète une faiblesse structurelle de l’économie congolaise. Il a rappelé que les ressources naturelles du pays, bien qu’abondantes, profitent majoritairement à des investisseurs étrangers. Cette prédominance, selon lui, freine le développement des communautés locales et maintient une dépendance économique difficile à surmonter.
L’un des enjeux majeurs soulevés est l’absence de mécanismes pour soutenir les entreprises locales. Les participants ont souligné que les PME congolaises manquent non seulement de capitaux, mais aussi de technologies adaptées pour rivaliser avec les multinationales qui dominent le marché. Un rapport récent indique que 80 % des bénéfices générés par le secteur minier échappent aux circuits économiques nationaux, ce qui laisse peu de place à un impact significatif sur le développement local.
Pour répondre à ces défis, plusieurs pistes ont été envisagées. L’accent a été mis sur l’amélioration de l’accès des entrepreneurs locaux aux financements et aux infrastructures. Certains participants ont également évoqué la nécessité de repenser le cadre fiscal, afin d’encourager les investissements nationaux. Le ministre a insisté sur le rôle crucial de la formation et du transfert de compétences pour bâtir une main-d’œuvre locale capable de répondre aux exigences des chaînes de valeur modernes.
Au-delà des constats, un consensus s’est dégagé autour de l’idée que le développement économique du Congo doit passer par une stratégie d’intégration inclusive. L’objectif ne serait pas de fermer la porte aux investissements étrangers, mais plutôt de créer un équilibre dans lequel les entreprises locales peuvent également prospérer.
La table ronde a clos ses travaux sur un appel à l’action immédiate. Pour les acteurs présents, il s’agit désormais de transformer les discours en politiques concrètes, capables de garantir une participation plus équitable des Congolais dans leur propre économie.
Par Peter MOYI
