Un récent rapport mondial révèle que la moyenne de préparation des États pour aider le secteur privé atteint seulement 60,1 sur 100. Ce score montre que 40 % des capacités institutionnelles restent inexploités, ce qui freine la croissance et la création d’emplois dans de nombreux pays.
Le constat est frappant : la plupart des économies tournent au ralenti par rapport à ce qu’elles pourraient offrir aux entrepreneurs. Ce chiffre de 60,1 sur 100 fonctionne comme une note globale. Elle indique que les gouvernements n’utilisent qu’une partie des outils à leur disposition pour rendre leur économie compétitive. Pour un pays comme la République Démocratique du Congo, ce résultat souligne l’immense travail qu’il reste à accomplir pour transformer l’environnement des affaires.
Les experts divisent cette analyse en trois piliers. Le premier concerne les lois et les règlements. C’est ici que les scores sont les plus hauts, avec une moyenne de 66,3 points. Cela signifie que les États savent généralement bien rédiger des textes, comme le code du commerce ou les règles fiscales. Mais avoir de bonnes lois ne suffit pas si elles ne sont pas appliquées.
Le deuxième pilier, celui des services publics, est le plus faible avec seulement 54 points. C’est le véritable point de blocage. Les entreprises souffrent d’un manque de services concrets : l’électricité est instable, l’administration fiscale est trop complexe et les services ne sont pas assez numérisés. L’écart entre les lois écrites et la réalité du terrain est de plus de 18 %. Les États savent donc ce qu’il faut faire, mais ils échouent souvent au moment de passer à l’action.
Le défi de l’emploi pour les populations les plus jeunes
Cette situation est particulièrement inquiétante pour les économies dont la population est jeune. Le rapport montre que ces pays obtiennent les résultats les moins bons, avec un score moyen de 49 sur 100. Ce décalage crée un risque de chômage massif. Si l’environnement économique n’est pas performant, il devient impossible de créer assez d’emplois pour absorber les nouveaux arrivants sur le marché du travail.
Sur le terrain, les conséquences sont lourdes pour les entreprises. L’instabilité du courant électrique touche entre 40 % et 70 % des sociétés dans les pays les moins performants. À cela s’ajoutent la lenteur de la justice et la corruption administrative. Ces obstacles ne sont pas seulement gênants, ils coûtent cher. Ils augmentent les frais d’exploitation des entreprises de 10 % à 30 %. C’est de l’argent qui n’est pas utilisé pour investir ou pour augmenter les salaires.
Le rapport met aussi en lumière des domaines négligés comme l’insolvabilité, c’est-à-dire la gestion des entreprises en difficulté, ou la libre concurrence. Ces secteurs obtiennent des scores très bas. Pourtant, ils sont essentiels pour rassurer les investisseurs. Si une entreprise ne peut pas fermer proprement ou si le marché est verrouillé, les investisseurs préfèrent placer leur argent ailleurs.
Pour progresser, la solution ne réside plus dans l’écriture de nouvelles réformes, mais dans leur exécution. Un pays qui améliore son score de seulement 10 points peut voir l’investissement privé bondir de 20 % à 40 %. L’enjeu est donc de transformer l’administration pour qu’elle devienne un moteur, et non un frein, pour ceux qui créent de la richesse.
— M. MASAMUNA
