L’Organisation des Nations unies vient de créer, lors de la septième Assemblée des Nations unies pour l’environnement (UNEA-7), une task force dédiée aux minerais de la transition énergétique. Objectif : faire en sorte que leur extraction respecte les populations et aide vraiment les pays producteurs à se développer.
Faire de la transition énergétique une chance pour les pays producteurs
La transition vers une énergie plus propre repose sur une poignée de minerais clés : cuivre, lithium, nickel, cobalt, terres rares. Sans eux, pas de réseaux électriques modernes, pas de batteries, pas d’équipements pour les énergies renouvelables. La demande mondiale augmente vite, mais les bénéfices ne suivent pas toujours pour les pays qui les produisent.
Dans de nombreux États en développement, les communautés vivent près des sites miniers sans en tirer de vraie amélioration de leur niveau de vie. Elles subissent la pollution, les risques sanitaires, des conditions de travail dangereuses. Des enfants travaillent encore dans certaines mines. Autrement dit, ces minerais qui devraient financer leur avenir abîment souvent leur présent.
Face à ce constat, l’ONU lance une Task Force sur les « Critical Energy Transition Minerals ». Cette structure doit coordonner l’action de l’ensemble du système onusien pour que l’extraction de ces minerais soit plus durable, plus équitable et plus transparente. Elle vise aussi un appui direct aux pays en développement, adapté aux besoins de chaque pays.
La task force s’appuie sur le rapport du Panel du Secrétaire général de l’ONU sur ces minerais de la transition énergétique. Ce rapport fixe sept grands principes et cinq recommandations d’action. La nouvelle structure aura pour mission de les mettre en œuvre, de suivre les progrès et d’aider les gouvernements à les traduire dans leurs lois, leurs contrats et leurs politiques publiques.
Cette initiative sera pilotée par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) et le PNUD. L’ONU insiste aussi sur le rôle central de la société civile : ONG, communautés locales, organisations de défense des droits humains restent des partenaires clés pour suivre l’application des engagements et alerter en cas de dérive.
L’enjeu est clair : les minerais qui alimentent la transition énergétique doivent aussi alimenter la dignité, les droits et le développement durable des populations qui vivent là où on les extrait.
— M. KOSI
