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Qatar–RDC : six accords pour moderniser les ports, soutenir le Sud-Kivu et renforcer le commerce

RDC–Qatar

La première visite officielle de Sheikh Tamim Ben Hamad Al Thani en République démocratique du Congo, le 21 novembre 2025, s’est soldée par la signature de six accords avec le Président Félix Tshisekedi. Ports, justice, visas diplomatiques, appui d’urgence au Sud-Kivu, jeunesse et sport, concertation politique : Kinshasa et Doha posent les bases d’une relation orientée vers le commerce, la logistique et la sécurité.

Ports, climat des affaires et stabilité : les leviers économiques de Kinshasa et Doha

Le volet le plus structurant concerne les infrastructures portuaires. Le protocole d’entente entre Qatar Ports Management Company (Mwani Qatar) et l’ONATRA prévoit une coopération technique et financière pour moderniser les ports congolais.
Pour la RDC, où une large part des exportations minières transite par la voie maritime, l’amélioration des quais, de la gestion des terminaux et des équipements peut réduire les délais de dédouanement, abaisser les coûts logistiques et renforcer la compétitivité des produits congolais sur les marchés extérieurs. À terme, des flux mieux organisés soutiennent les recettes douanières et la capacité de l’État à mobiliser des devises.

Un second texte porte sur la coopération juridique entre les ministères de la Justice des deux pays. Un cadre d’échanges réguliers peut clarifier les procédures, sécuriser les contrats transfrontaliers et rassurer les investisseurs sur la prévisibilité des décisions de justice liées aux affaires. Un environnement juridique plus lisible réduit le risque de litiges coûteux et améliore la perception du climat des affaires.

L’accord d’exemption de visas pour les détenteurs de passeports diplomatiques et spéciaux agit comme un facilitateur. Des déplacements plus rapides des délégations officielles et des équipes techniques permettent de négocier, suivre et ajuster les projets sans blocage administratif. Cette fluidité accompagne la mise en route concrète des investissements annoncés.

Sur le plan social et territorial, le mémorandum entre le Qatar Fund for Development et le ministère congolais des Affaires sociales cible un projet multisectoriel d’urgence au Sud-Kivu. L’aide vise une province fragilisée par les crises. En soutenant des actions d’urgence, l’objectif est aussi de créer des conditions minimales pour la reprise de l’activité locale : routes praticables, accès aux services de base, relance de la production agricole. Sans stabilité dans l’Est, la rentabilité de tout projet économique reste fragile.

La coopération dans la jeunesse et le sport ouvre une autre porte. Des investissements possibles dans les infrastructures sportives, la formation et les échanges de compétences peuvent générer des emplois dans la construction, la gestion de sites et l’organisation d’événements. Ces projets peuvent aussi canaliser une partie de la jeunesse vers des filières structurées, avec un effet indirect sur la cohésion sociale.

Enfin, l’accord sur les consultations politiques régulières entre les ministères des Affaires étrangères crée un mécanisme de suivi. Des réunions programmées permettent de faire le point sur l’avancement des dossiers portuaires, juridiques, humanitaires et sportifs, et de préparer d’autres coopérations, notamment économiques.

Cette visite s’inscrit dans un contexte diplomatique où le Qatar joue un rôle dans le processus de Doha, qui a conduit, le 15 novembre 2025, à la signature d’un accord-cadre entre le gouvernement congolais et la coalition AFC/M23. Si la situation sécuritaire dans l’Est continue de s’apaiser, la région pourrait mieux attirer des investissements miniers, agricoles et logistiques, renforçant le lien entre ces accords et la trajectoire de croissance recherchée par Kinshasa.

Peter MOYI

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