RDC : crédits bancaires à 9,7 milliards USD fin août, +13,7 % sur un an

À fin août 2025, les banques congolaises portent leurs encours de crédits bruts à 9,7 milliards USD (+4,0 % sur un mois, +13,7 % sur un an). Le moteur reste le secteur privé : entreprises et ménages concentrent la demande et tirent le financement de l’activité. Côté ressources, les dépôts atteignent 14,5 milliards USD (+0,97 % sur un mois), inférieurs de 1,30 % à leur niveau de décembre 2024.

Dollarisation à 90 % et concentration régionale : quels effets monétaires ?

La structure du passif demeure très dollarisée : les dépôts en devises pèsent 90,0 % du total. Les flux progressent en parallèle en CDF (+1,01 % sur un mois) et en devises (+0,97 %), signe d’une liquidité portée par les agents privés. Ménages (36,0 %) et entreprises privées (31,2 %) dominent la collecte, configuration déjà observée en 2024, année close sur +22,4 % de croissance des dépôts.

La géographie confirme la centralisation du système financier : Kinshasa concentre 65,2 % des dépôts, devant le Haut-Katanga (22,9 %), le Lualaba (4,0 %) et le Nord-Kivu (2,7 %). Côté crédits (répartition 2024), Kinshasa capte 47,5 % des encours, le Haut-Katanga 35,7 %, le Lualaba 9,6 % et le Nord-Kivu 2,6 %. Cette polarisation oriente la transmission monétaire vers les centres urbains et miniers, où la demande de financement est la plus soutenue.

Par devise, l’expansion reste équilibrée : +4,3 % pour les crédits en devises entre juillet et août 2025, +3,7 % pour ceux en CDF. Une telle configuration atténue la sensibilité immédiate des portefeuilles au taux directeur en monnaie nationale et renforce l’influence du taux de change sur les conditions de crédit. En allocation sectorielle, la branche extractive concentre 35,4 % des financements, devant les services hors administration publique (27,1 %), reflet de la composition de l’appareil productif et des besoins d’investissement.

Après +17,3 % de croissance annuelle des crédits en 2024, les indicateurs d’août 2025 prolongent la tendance : encours en hausse, base de dépôts stable à légèrement ascendante sur le mois, ancrage en devises élevé et concentration régionale persistante. Les agents privés demeurent la pierre angulaire du financement, tandis que la dollarisation continue de cadrer la transmission monétaire et la gestion du risque de change dans les bilans bancaires.

— M. KOSI

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