RDC : Daniel Mukoko Samba lance l’opérationnalisation du FOREC pour surveiller les prix, avec le maïs en priorité

Le vendredi 9 janvier 2026, le Vice-Premier Ministre, ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a lancé l’opérationnalisation du Fonds de Régulation Économique (FOREC) à Kinshasa, après une visite de travail à son siège de Ngaliema. Le gouvernement veut en faire un outil actif pour suivre les marchés, limiter certaines hausses et protéger le pouvoir d’achat, surtout sur les produits de base.

Créé en 2008, le FOREC est resté longtemps discret dans la vie économique. Il existait sur le papier, mais il ne pesait pas sur l’évolution des prix au quotidien. Les ménages, eux, ont continué à subir les à-coups du marché, entre périodes de tension sur l’offre, spéculations et variations saisonnières.

La relance officielle change le statut de cette institution : l’État annonce qu’il ne veut plus seulement constater les déséquilibres, mais disposer d’un mécanisme capable d’agir quand le marché dérape ou quand une pression sur les prix devient trop forte pour les consommateurs.

Ce que le FOREC doit faire, et pourquoi le maïs est le premier test

Avec des missions désormais annoncées comme clarifiées, le FOREC est attendu sur trois terrains : la surveillance des marchés, la stabilisation des prix et la protection du pouvoir d’achat, en particulier pour les produits de grande consommation. Le maïs apparaît en tête de liste. Ce choix n’est pas anodin. Dans de nombreux foyers, le prix du maïs se répercute vite sur le coût de la vie, car il touche l’alimentation de base et pèse directement sur le panier des ménages.

Dans un contexte où l’inflation a, pendant des années, fragilisé les budgets familiaux, l’absence d’un dispositif public capable d’intervenir a souvent laissé le champ libre à des hausses rapides, à des ruptures d’approvisionnement et à des écarts de prix difficiles à comprendre pour le consommateur. C’est sur ce terrain que le FOREC est attendu : intervenir lorsque les mécanismes normaux du marché ne suffisent plus à éviter des tensions sur les prix.

Au sein de l’institution, l’objectif affiché s’accompagne d’un avertissement sur le niveau d’attente. Jean-Paul Nemoyato, secrétaire exécutif du FOREC, résume l’état d’esprit avec une phrase simple : « C’est une joie immense, mais surtout une grande responsabilité ». Le message est clair : après de longues années d’inactivité, l’institution sera jugée sur des résultats concrets, pas sur une annonce.

Cette mise en route devra aussi composer avec des réalités bien connues en RDC : des chaînes de distribution fragiles, un poids élevé du secteur informel et, pour certains produits, une dépendance aux importations. Dans ces conditions, une régulation efficace demande plus qu’un siège et des textes. Elle suppose des moyens, une capacité d’action sur le terrain, et une coordination avec les ministères concernés, les provinces et les services de contrôle. Sans cet appui, le FOREC risque de rester un acteur à part, incapable d’influencer réellement le fonctionnement des marchés.

La relance intervient aussi dans une séquence où les autorités veulent relier la stabilité macroéconomique à la vie quotidienne. Les efforts de la Banque Centrale du Congo pour contenir l’inflation et stabiliser la monnaie sont cités comme un élément du contexte. L’opérationnalisation du FOREC vise, elle, une action plus directe sur les marchés et les prix, avec une promesse implicite : rendre visibles, dans les ménages, des décisions qui restent souvent perçues comme lointaines.

Reste un point de vigilance : si l’État veut intervenir, il doit aussi rassurer sur la manière de le faire. Le FOREC devra garantir la transparence de ses interventions, éviter que l’outil ne devienne un instrument de pression ou de calcul politique, et mettre en place des règles de redevabilité compréhensibles. Sans cela, la relance ne produira pas la confiance recherchée.

Pour les ménages, l’enjeu est immédiat : voir si cette opérationnalisation se traduit par une présence réelle sur les produits qui pèsent le plus dans le budget, à commencer par le maïs, et si le FOREC devient enfin une institution qui agit, au lieu d’une structure qui existe sans effet sur les prix.

— M. KOSI

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