Le ministère de la Justice a annoncé, le 22 avril 2026, l’ouverture d’enquêtes sur des soupçons de détournement liés à la réhabilitation du jardin zoologique et botanique de Kisangani. Le dossier porte sur un décaissement de 4 millions USD, alors que le projet avait initialement été évalué à 700 000 USD, ce qui soulève des questions sur l’utilisation des fonds publics.
Le ministre Guillaume Ngefa indique avoir saisi le Procureur général près la Cour de cassation pour instruire des faits susceptibles de relever du détournement de deniers publics, de la corruption et de la concussion. Au centre du dossier se trouve un projet financé par le FRIVAO en partenariat avec l’ICCN pour remettre en état ce site, fortement endommagé lors de la guerre de Kisangani en 2000. Selon les premières analyses du ministère, un écart de 3,3 millions USD apparaît entre le montant demandé et les fonds effectivement décaissés. Les autorités évoquent aussi une différence entre l’état réel des travaux et les montants engagés, ainsi que des failles dans le contrôle et la traçabilité des dépenses.
Des dépenses du FRIVAO sous surveillance élargie
L’enquête ne se limite pas à ce projet. Le ministère cite d’autres opérations financées par le FRIVAO qui font aussi l’objet de vérifications. Parmi elles, un documentaire de six minutes sur la guerre de Kisangani, dont le coût aurait atteint 1,6 million USD, ainsi qu’un dossier lié à la centrale hydroélectrique de la Tshopo, avec un paiement présumé de 2 millions USD à une entreprise non identifiée. Ces montants interrogent sur la gestion globale des fonds issus des réparations internationales.
Ces investigations interviennent alors qu’un procès est déjà en cours à Kinshasa contre Chançard Bolukola, ancien responsable du FRIVAO, poursuivi pour détournement présumé de fonds publics dans la gestion des indemnisations versées à la RDC par l’Ouganda. Pour les autorités, l’objectif est de retracer précisément l’usage de ces ressources, d’identifier les responsabilités et, si nécessaire, de récupérer les fonds engagés de manière irrégulière, dans un contexte où la gestion des finances publiques reste sous surveillance.
— Peter MOYI
