Le 9 octobre 2025, le Ministre des Finances Doudou Fwamba a réuni les régies pour évaluer la collecte. Les chiffres parlent : 3 336,6 milliards CDF enregistrés en septembre, soit 101 % des prévisions. La Direction générale des douanes et accises (DGDA) signe la meilleure performance avec un taux de réalisation de 122 %. La Direction générale des impôts (DGI) suit à 103 %. La DGRAD affiche 350,9 milliards CDF mobilisés. Sur janvier–septembre, la progression atteint 11 % par rapport à 2024, avec des hausses différenciées : DGDA +17 %, DGRAD +12 %, DGI +8 %.
Interprétation financière : assiette élargie, liquidité renforcée, fin d’exercice sous surveillance
La photographie budgétaire s’améliore. La montée des recettes garantit plus de liquidité pour exécuter les dépenses prioritaires sans accentuer la pression sur le financement à court terme. Le différentiel positif (101 % des cibles) réduit le recours aux avances de trésorerie et limite le risque d’arriérés. La DGDA tire la courbe vers le haut : 122 % traduit un meilleur rendement du tarif et un contrôle accru à l’import, avec un effet direct sur les recettes de change et la disponibilité en CDF via les conversions opérées par les redevables. La DGI, à 103 %, sécurise l’assiette formelle et stabilise les encaissements récurrents (impôt sur les bénéfices, TVA intérieure), gage de prévisibilité pour le plan de caisse. La DGRAD, avec 350,9 milliards CDF, consolide les recettes non fiscales, utile pour lisser la saisonnalité.
Le cumul sur neuf mois (+11 %) confirme une trajectoire crédible. Les deltas par régie montrent un levier principal côté douanes (+17 %), appuyé par l’amélioration des procédures et la discipline déclarative. Côté impôts (+8 %), l’enjeu opérationnel reste l’élargissement de la base et la lutte contre l’érosion de l’assiette. Pour les recettes administratives (+12 %), l’enjeu porte sur la qualité du recouvrement et la réduction des fuites.
Reste la contrainte macro : tenir le rythme au quatrième trimestre pour éviter une tension sur le solde global. La clé sera de préserver la cadence de collecte tout en limitant les décalages entre engagements et ordonnancements. Toute dérive pèserait sur le déficit et sur le marché des changes par un effet de demande publique mal lissée. À ce stade, la combinaison d’une DGDA robuste, d’une DGI régulière et d’une DGRAD en appui offre à la trésorerie un coussin de liquidité pour aborder la clôture 2025 avec moins de volatilité.
— Peter MOYI
