La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a inspecté, le 12 mai 2026, les chantiers des rocades Sud-Est et Sud-Ouest de Kinshasa. Long de 73 kilomètres, ce projet routier financé à hauteur de 395 millions USD dans le cadre du partenariat sino-congolais doit relier Kimbanseke, Mitendi, Kinsuka et la RN1, avec l’objectif de réduire la pression sur les grands axes de la capitale.
Kinshasa cherche une réponse plus structurelle à ses embouteillages. Avec une croissance démographique rapide, une pression constante sur les routes principales et une urbanisation difficile à maîtriser, la ville ne peut plus dépendre uniquement de ses artères centrales. Les rocades doivent créer une circulation périphérique capable de détourner une partie du trafic, faciliter les connexions entre communes et améliorer l’accès vers le Kongo Central, le Bandundu ainsi qu’une partie de l’Est de Kinshasa.
Sur le terrain, Judith Suminwa a notamment visité les travaux de terrassement et le chantier de l’échangeur de Mitendi, considéré comme l’un des points sensibles du projet. La cheffe du Gouvernement a insisté sur l’importance du suivi direct de l’exécution, estimant que « rien ne remplace le constat de visu ». Cette visite intervient dans un contexte où les autorités cherchent à accélérer les grands travaux d’infrastructures financés par les ressources issues de la revisitation du contrat sino-congolais avec Sicomines.
Les indemnisations restent le principal point de blocage
Le chantier est exécuté dans le cadre du programme sino-congolais, sous la coordination de l’Agence congolaise des grands travaux. Mais son avancement technique reste lié à une contrainte sociale et foncière : plusieurs tronçons sont encore ralentis par les indemnisations et les procédures d’expropriation. Le 22 avril 2026, près de 500 personnes affectées par le projet avaient déjà été indemnisées, selon Radio Okapi, mais le processus n’est pas encore totalement achevé.
Cette question avait déjà été portée au Conseil des ministres. Le Président Félix Tshisekedi avait demandé d’accélérer les travaux tout en garantissant le respect des droits des populations concernées, avec des procédures d’expropriation et d’indemnisation conformes aux lois de la République. Pour le Gouvernement, l’objectif reste de livrer les travaux idéalement en septembre 2027. Ce calendrier dépendra de la continuité du financement, de la résolution des indemnisations, de la disponibilité des emprises et de la capacité des entreprises à maintenir le rythme sur les différents tronçons.
Au-delà du désengorgement, les rocades peuvent modifier l’organisation économique de Kinshasa. En reliant les périphéries, les zones résidentielles, les routes nationales et les points d’entrée vers d’autres provinces, elles peuvent réduire les temps de transport, faciliter la circulation des marchandises et améliorer l’accès aux marchés. Mais leur impact réel dépendra aussi de l’aménagement urbain autour des axes construits. Sans contrôle de l’occupation des emprises, entretien régulier, raccordements secondaires et gestion du trafic, une rocade peut rapidement être absorbée par la pression urbaine qu’elle devait soulager.
— Joldie KAKESA
