Lancé en 2016, le programme d’associations villageoises d’épargne et de crédit (AVEC) soutenu par TFM, avec l’appui technique d’Action For Africa (AFA), couvre 27 villages et 64 associations réparties sur 4 pôles agricoles de la concession. À Shonongo, la trajectoire est claire : 1 AVEC au départ, 6 aujourd’hui. Résultat immédiat pour les ménages agricoles : moins de prêts auprès des commerçants à 50–100 %, stockage des récoltes au lieu de cessions anticipées, paiement régulier des frais scolaires et des soins, capacité d’investir dans l’outillage et l’extension des parcelles.
De l’usure au crédit interne : un mécanisme de liquidité locale
Le modèle AVEC transforme la trésorerie des foyers. Les cotisations hebdomadaires créent un fonds de prêts rotatif géré par la communauté. Les paysans n’arbitrent plus sous contrainte de trésorerie à la récolte. Ils attendent des prix plus favorables, planifient les dépenses et lissent la consommation. La vente « sur pied » recule, la marge unitaire progresse, la vulnérabilité aux chocs de pluviométrie diminue.
Sur la campagne 2024-2025, malgré des pluies irrégulières, les indicateurs de sécurité alimentaire et de dépenses sociales s’améliorent. Nimba Kafololo Christephor, président d’AVEC, résume l’effet combiné épargne-crédit-coopération :
« La campagne 2024-2025 s’est globalement bien déroulée. Nous avons couvert la scolarité et le logement. Avec TFM, nous avons appris à épargner, à travailler en équipe et à pratiquer la solidarité. »
L’ingénierie du programme ne se limite pas au financier. Les sessions de formation renforcent la gouvernance interne (règles, cahiers de caisse, sanctions), la productivité et le leadership local. Kyungu wa Kalembe Beni détaille le saut organisationnel :
« TFM nous a appris l’importance de l’épargne et nous a formés sur l’agriculture et le leadership. Nous sommes plus organisés et plus productifs. »
Au niveau patrimonial, l’épargne devient moteur d’investissement domestique. Kilufya Kasamba Ado en témoigne :
« Grâce à la stratégie d’épargne et de crédit, j’ai pu construire des maisons et les meubler. Je paie désormais les frais scolaires, les vêtements et la nourriture de mes enfants. »
Pour l’opérateur minier, l’effet de diffusion sur l’économie locale constitue un indicateur clé : moindre recours à l’usure, rotation du capital au sein des villages, amélioration des capacités de paiement et d’autofinancement. Cabral Kaboko, représentant de TFM, insiste sur l’impact mesurable :
« Ce projet change réellement la vie des familles. Nous sommes heureux de constater l’impact positif dans nos communautés. »
À Shonongo, la cérémonie récente a confirmé la montée en puissance du dispositif : extension des AVEC, consolidation des caisses, montée de la culture financière. Le schéma associe agriculture, finance de proximité et discipline collective. Moins de décotes à la vente, plus de marges captées sur place, et un filet de sécurité communautaire qui réduit le risque de décapitalisation lors des aléas climatiques.
— Peter MOYI
