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Sicomines : la société civile soutient l’audit annoncé et demande la publication complète du contrat

CNPAV

La coalition « Le Congo n’est pas à vendre » (CNPAV) soutient la décision des autorités congolaises de lancer un audit technique et financier de la convention minière Sicomines. Pour cette plateforme de la société civile, cette démarche peut permettre de mesurer clairement ce que le partenariat avec les entreprises chinoises a réellement apporté à la République démocratique du Congo.

Selon un communiqué publié le 9 mars, l’Agence de pilotage, de coordination et de suivi des conventions de collaboration (APCSC) a annoncé le lancement d’un audit approfondi du projet Sicomines, accompagné d’une certification complète des ressources minières attribuées au projet. L’objectif est de vérifier les données économiques et techniques liées à cet accord signé dans le cadre du partenariat dit « minerais contre infrastructures ».

Interrogé par Deskeco, le porte-parole du CNPAV, Jean-Claude Mputu, estime que cette initiative correspond à une demande portée depuis plusieurs années par la société civile. Selon lui, un audit global doit permettre d’examiner plusieurs éléments clés du partenariat.

« Nous voulons savoir ce que les partenaires chinois ont effectivement produit comme minerais, combien cela a rapporté, quel est l’investissement réel qu’ils ont apporté au Congo et quelle est la valeur des infrastructures réalisées en contrepartie des minerais », a-t-il déclaré.

Pour la coalition, ces informations sont essentielles pour évaluer l’équilibre économique du contrat. L’accord Sicomines repose sur un principe simple : l’exploitation de gisements de cuivre et de cobalt en échange de la construction d’infrastructures publiques. Mais la question du rapport entre les ressources extraites et les investissements réalisés reste au centre des débats depuis plusieurs années.

Un audit pour mesurer l’équilibre du partenariat

Le CNPAV estime que l’audit doit permettre d’établir plusieurs indicateurs précis :

Ces données permettront, selon la coalition, de déterminer si l’accord est équilibré pour la RDC ou si les ressources minières ont été cédées à des conditions défavorables.

La plateforme insiste aussi sur la nécessité de rendre publiques les clauses du contrat. Pour elle, la transparence autour de cet accord est indispensable pour restaurer la confiance entre les autorités et la population.

« Cette démarche permettra de déterminer si ce contrat est équitable ou s’il est, comme beaucoup le pensent, défavorable au peuple congolais », a expliqué Jean-Claude Mputu.

Le CNPAV demande également que le processus d’audit soit conduit de manière ouverte et que ses conclusions soient rendues publiques. L’objectif est de permettre aux citoyens de comprendre la gestion des ressources naturelles du pays et les responsabilités de chaque partie impliquée dans ce partenariat.

La coalition estime par ailleurs que si l’audit révèle des cas de détournement ou de mauvaise gestion, les personnes concernées devront répondre de leurs actes devant les institutions de l’État.

« Nous sommes prêts à collaborer avec l’agence pour que la transparence soit faite et que la redevabilité devienne un principe réel dans notre pays », a indiqué le porte-parole du CNPAV.

Selon lui, un audit conduit de manière rigoureuse pourrait envoyer un signal fort sur la volonté des autorités congolaises d’améliorer la gouvernance du secteur minier.

« Si cet audit est conduit avec sérieux et que les résultats sont rendus publics, la population verra que les pouvoirs publics sont prêts à agir pour son bien-être et à l’informer », a-t-il affirmé.

Dans son communiqué, la coalition précise enfin que cet exercice devra s’appuyer sur des standards internationaux de transparence dans la gestion des ressources naturelles, notamment ceux promus par l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE).

— M. KOSI

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