SNEL reverse 367 milliards CDF à l’État mais laisse près de 9 millions USD de redevance à recouvrer sur la période 2024–2025

La Société Nationale d’Électricité a annoncé avoir reversé 367 milliards de francs congolais au Trésor public pour les exercices 2024 et 2025, grâce à la redevance de 3 % sur la consommation d’électricité des grands clients. Dans le même temps, les chiffres montrent que la chaîne de recouvrement reste loin d’être fluide, avec une part importante des montants encore non encaissés.

Redevance électrique, un rendement budgétaire en dessous de son potentiel

Le protocole signé entre la SNEL, la DGRAD, l’ANSER et le ministère des Ressources hydrauliques et Électricité fixe désormais un cadre clair pour la redevance sur la consommation finale d’électricité. Cette redevance de 3 % s’applique aux clients en haute et moyenne tension, c’est à dire aux gros consommateurs industriels et institutionnels, ceux dont les factures pèsent lourd dans la structure des recettes du secteur.

Le texte harmonise les procédures autour d’un formulaire unique de déclaration. Il précise aussi la clé de répartition, la moitié pour le Trésor public, l’autre moitié pour l’enseigne qui facture l’électricité. En théorie, chaque facture payée par un grand client doit donc générer automatiquement une part pour l’État et une part pour l’opérateur, sans zone grise.

Sur le papier, le dispositif répond à un double objectif, sécuriser les recettes budgétaires liées à l’énergie et donner de la visibilité aux opérateurs sur les flux qui leur reviennent. Dans les faits, les chiffres communiqués montrent un décalage important entre le montant dû et ce qui est effectivement encaissé. Entre octobre 2024 et juillet 2025, plus de 12 millions de dollars ont été générés au titre de cette redevance, mais près de 9 millions restent à recouvrer. Autrement dit, environ trois quarts des montants attendus n’ont pas encore rejoint les caisses.

Pour un spécialiste des finances publiques, ce rapport entre généré et encaissé traduit un point de tension, non pas sur le principe de la redevance, mais sur son application. Tant que les grands clients ne paient pas entièrement ce qu’ils doivent, l’État ne bénéficie pas pleinement du rendement de cet instrument, et l’opérateur ne sécurise pas non plus sa part. Le risque est double, manque à gagner budgétaire et pression accrue sur la trésorerie de la SNEL.

Le protocole prévoit trois outils pour corriger cette situation, un cadre de concertation technique, une commission mixte de recouvrement et une mission de contrôle. L’enjeu est de rendre traçable chaque étape, de la facturation à l’encaissement, avec des données consolidées et vérifiables. Si ces mécanismes fonctionnent, le taux de recouvrement devrait remonter, ce qui renforcerait la capacité de l’État à financer le service public de l’électricité et les investissements d’électrification.

Pour la SNEL, les 367 milliards de francs congolais versés au Trésor public sur les exercices 2024 et 2025 sont un signal politique et financier, la société affiche sa contribution au budget de l’État et son rôle dans la mise en œuvre de la réforme. La direction rappelle néanmoins que la clientèle en haute et moyenne tension présente des contraintes spécifiques, ce qui explique une partie des retards de paiement.

Le gouvernement met en avant une approche par équilibre, faire entrer davantage de recettes sans casser la compétitivité des entreprises et sans renoncer à l’objectif d’un accès plus large à une électricité fiable et abordable. La redevance de 3 % est présentée comme un instrument de financement de long terme pour l’électrification du pays et le développement des territoires, à condition que les montants promis deviennent des montants réellement encaissés.

L’application intégrale des clauses du protocole est annoncée à partir de janvier 2026, avec une attente claire, améliorer le recouvrement, stabiliser les flux financiers et donner au secteur électrique congolais une base plus solide pour ses choix d’investissement.

M. KOSI

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