La RDC veut renforcer la place des entreprises congolaises dans la sous-traitance privée. Lors d’un briefing presse tenu le 27 avril 2026 à Kinshasa, l’ARSP a rappelé qu’une société éligible doit avoir au moins 51 % de son capital détenu par des Congolais. Cette règle vise à faire circuler davantage de revenus dans l’économie nationale, surtout dans les secteurs dominés par les grandes entreprises minières.
Miguel Kashal, Directeur général de l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé, l’a présenté comme un outil destiné à soutenir les PME locales, à ouvrir l’accès aux marchés et à créer plus d’emplois.
« Une société est éligible à la sous-traitance lorsqu’elle respecte la loi : 51 % du capital doit être détenu par des Congolais, contre 49 % maximum pour les expatriés », a déclaré Miguel Kashal. Cette exigence ne ferme pas la porte aux partenaires étrangers. Elle fixe plutôt une règle de contrôle. Les investisseurs et experts internationaux peuvent rester associés aux entreprises locales, mais la majorité du capital doit revenir aux Congolais afin que la valeur créée reste davantage dans le pays.
Des marchés annexes pour soutenir les PME congolaises
L’ARSP veut aussi limiter l’intégration verticale des grandes sociétés extractives. Cette expression désigne une situation où une même entreprise contrôle plusieurs activités autour de son métier principal, depuis l’exploitation minière jusqu’aux services, aux fournitures ou aux intrants nécessaires à sa production. Selon les orientations présentées, certaines activités annexes sont désormais interdites aux sociétés minières, notamment la commercialisation de l’acide sulfurique, de la chaux vive ou du charbon.
La mesure cherche à éviter que les grands groupes gardent tous les marchés liés à leurs activités. Elle doit ouvrir un espace aux PME congolaises, souvent exclues des contrats mieux rémunérés faute de capital, d’équipements, de réseau ou de capacités techniques suffisantes. Dans une économie encore portée par les mines, ces marchés peuvent devenir une source de revenus pour les entreprises nationales et aider à construire un tissu entrepreneurial plus solide.
Cette politique s’inscrit dans la vision du président Félix Tshisekedi, qui présente la sous-traitance comme un levier de création d’emplois et de diversification économique. La RDC regarde aussi certaines expériences africaines. Au Nigeria, la politique de contenu local dans le pétrole a favorisé l’émergence d’entreprises nationales dans les services pétroliers. Au Ghana, les règles d’intégration locale ont soutenu des fournisseurs dans le secteur minier. En Angola, les réformes pétrolières ont associé participation nationale et transfert de compétences.
Mais la règle des 51 % ne suffit pas à elle seule. Les entreprises locales restent confrontées à l’accès limité au financement, au besoin de compétences techniques, à la transparence dans l’attribution des marchés et au contrôle réel du respect des règles. Sans suivi rigoureux, le risque de contournement demeure, notamment à travers des montages de façade où des Congolais apparaissent dans le capital sans exercer un vrai pouvoir économique.
La sous-traitance devient ainsi plus qu’un simple marché de services. Bien appliquée, elle peut devenir un outil d’industrialisation indirecte, capable d’aider les entreprises congolaises à capter une partie des revenus générés par les grands investissements privés.
— M. KOSI
