Suspension de l’artisanat minier, le Lualaba annonce une commission de Kinshasa et des mesures pour encadrer les flux

Des creuseurs clandestins dans une mine de cuivre de la Chemaf à Lubumbashi (Décembre 2012)

La gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka Saini, annonce l’arrivée prochaine d’une commission spéciale du Gouvernement, après la suspension temporaire des activités minières artisanales sur tout le territoire. Samedi 27 décembre 2025, elle a demandé le calme et donné des consignes sur l’acheminement des minerais vers les usines agréées.

La province du Lualaba se prépare à appliquer une décision prise à Kinshasa, qui met sur pause, à titre conservatoire et préventif, les activités liées aux substances minérales issues de l’exploitation artisanale dans la filière cupro-cobaltifère. Le ministre national des Mines a aussi visé les entités de traitement concernées par cette chaîne, avec un objectif annoncé, limiter l’occupation des concessions industrielles par des exploitants artisanaux.

Réunie avec les responsables des services étatiques du secteur minier et de sécurité, la cheffe de l’exécutif provincial dit attendre une mission du pouvoir central pour encadrer l’accompagnement de la mesure. Elle présente cette étape comme une réorganisation du secteur, avec des instructions immédiates pour réduire les tensions sur le terrain.

Dans sa déclaration, Fifi Masuka a insisté sur la continuité de l’ordre public et sur la gestion des flux de minerais. « Nous venons de faire le tour d’horizon de la province pour maintenir l’ordre par rapport à la continuité des activités, une commission est en train de venir rapidement. Pour l’instant, nous demandons à tous ceux qui ont leurs camions de les amener dans les usines de traitement agréées », a-t-elle déclaré.

La gouverneure a aussi élargi la responsabilité aux services techniques et sécuritaires. Elle veut un suivi strict de l’arrêté ministériel, avec l’implication du ministère de l’Intérieur et du comité de sécurité au niveau provincial. « Je demande aussi aux services qui m’accompagnent ici, le ministère de l’Intérieur et le comité de sécurité, de pouvoir veiller à ce que les conditions d’accompagnement de cet arrêté soient de stricte suivi. Je demande à la division des Mines, à la SAEMAPE, au CEC, à la lutte contre la fraude de pouvoir accompagner ces mesures », a-t-elle martelé.

Ce que la province met en place pour éviter un blocage total sur le terrain

Selon le gouvernorat, plusieurs mesures d’accompagnement sont prévues pour réduire l’impact de la suspension sur les exploitants artisanaux, dont une question immédiate, le sort des camions déjà en circulation. La province évoque la libération rapide des camions transportant des minerais vers les entités de traitement agréées, sous autorisation du ministre des Mines, Louis Watum.

Le dispositif annoncé s’appuie aussi sur la mobilisation des services techniques et des équipes de lutte contre la fraude. L’idée est de contrôler les circuits, sécuriser les mouvements, et limiter les pratiques illégales qui se greffent souvent sur l’exploitation artisanale, notamment lorsque des minerais circulent en dehors des canaux autorisés.

Sur le volet sécuritaire, l’exécutif provincial annonce un encadrement pour prévenir les troubles à l’ordre public. Dans un contexte où l’arrêt de l’activité artisanale peut couper des revenus à de nombreux ménages, la province met en avant une gestion « ordonnée » de la période de suspension, avec une reprise progressive annoncée comme objectif.

Le gouvernorat explique que la finalité est de « préparer de façon ordonnée, dans l’intérêt en particulier des exploitants artisanaux, la reprise progressive des activités dans un cadre légal et sécurisé, conformément aux directives du Président Félix Tshisekedi ». Cette reprise, telle que présentée, dépendra du réaménagement des règles de terrain et du respect du cadre légal.

Fifi Masuka réaffirme enfin que son gouvernement provincial entend défendre les intérêts des différentes parties prenantes, l’État congolais, les exploitants artisanaux et les opérateurs industriels, tout en annonçant une vigilance face aux « manipulations », sans détailler davantage.

À la réunion stratégique du 27 décembre 2025, la province indique la présence de la division provinciale des Mines, de la SAEMAPE, de la direction provinciale de lutte contre la fraude et la criminalité, ainsi que des responsables sécuritaires, dont le général de brigade Eddy Kapend, commandant de la 22ᵉ région militaire.

— M. MASAMUNA

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