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ZOOM AFRIQUE : En Afrique, l’innovation et l’entrepreneuriat ont le vent en poupe

Zoom afrique

KIGALI, 4 septembre (Xinhua) -- Des clients consultent un exposant lors du 9e sommet et salon Aviation Africa à Kigali, capitale du Rwanda, le 4 septembre 2025. Cette édition Aviation Africa s'est ouverte jeudi avec un appel à davantage d'efforts pour ouvrir le ciel africain et investir dans le secteur aérien. (Xinhua/Cyril Ndegeya)

Plus de 50 start-ups ont présenté leurs projets lors d’un concours, avec un message simple, l’innovation locale peut répondre à des besoins concrets. Selon la Brookings Institution, 22 % des Africains en âge de travailler créent activement une entreprise, et plus de 75 % des jeunes disent vouloir entreprendre dans les cinq prochaines années.

Le premier prix du concours organisé à Kigali a été attribué à Re-Banatex, une start-up qui récupère des tiges de bananiers jetées pour en faire des fibres. Ces fibres servent à fabriquer des sacs, des chaussures et des tapis, une solution qui relie économie circulaire et production locale. L’idée est claire, réduire des déchets et vendre des produits à plus forte valeur ajoutée.

La ministre rwandaise des Technologies de l’information et de la communication, ainsi que de l’Innovation, Paula Ingabire, a expliqué, selon The New Times, que le Rwanda veut donner aux start-ups émergentes une vraie capacité de lancement et de croissance. Les domaines visés sont très pratiques, santé, agriculture, éducation, interventions d’urgence et services financiers. Derrière ces mots, il y a un enjeu simple pour les ménages, rendre des services plus accessibles, plus rapides, parfois moins coûteux, grâce à des outils numériques et à des solutions conçues sur place.

Ce que l’entrepreneuriat change quand il touche la santé, l’argent et les transports

Le mouvement ne se limite pas au Rwanda. Des entrepreneurs africains cherchent à construire des solutions locales à des problèmes qui freinent encore des secteurs entiers. Dans le tourisme, Charles Shima, fondateur de Tourifique, a présenté une plateforme de voyage en ligne qui met en relation des voyageurs avec des activités via de courtes vidéos. Sa ligne est de former une génération d’« entrepreneurs du voyage » en transformant des créateurs de contenus en acteurs économiques capables de vendre des expériences, d’attirer des clients et de structurer une offre.

Il s’exprimait en marge du Sommet africain sur l’entrepreneuriat et l’innovation (ASENTI) 2025, organisé à Kigali du 13 au 15 novembre, et qui a réuni plus de 300 participants venus d’Afrique et d’ailleurs. Ce chiffre compte, car il montre que les start-ups ne travaillent plus seulement entre elles, elles recherchent des réseaux, des investisseurs, des clients et des partenaires techniques.

Une autre participante, Blandine Umuziranenge, estime que l’Afrique est un terrain favorable à l’entrepreneuriat grâce à plusieurs facteurs cités dans le texte, une population jeune, une connectivité numérique en hausse, des politiques publiques favorables et des investissements croissants dans les start-ups. Son argument est direct, quand des secteurs manquent encore de solutions adaptées, les entrepreneurs peuvent concevoir des produits qui répondent à des besoins réels et qui peuvent grandir vite si le marché suit.

Mme Umuziranenge a fondé en 2014 Kosmotive, une entreprise qui travaille sur la santé reproductive, maternelle et infantile au Rwanda et ailleurs en Afrique. Le projet combine des produits physiques et une logique de service, production et distribution de serviettes hygiéniques écologiques, économiques et réutilisables, avec une plateforme de santé en ligne. L’objectif annoncé est d’aider les filles et les femmes, et de faciliter l’accès à des informations et à des services de santé.

Dans cette montée en puissance des start-ups, la coopération internationale est présentée comme un accélérateur, surtout quand elle apporte de la technologie, des canaux de vente ou des infrastructures numériques. Le texte cite la coopération sino-africaine comme un appui visible dans plusieurs domaines.

Au Rwanda, Mme Umuziranenge mentionne la World Trade Platform du groupe Alibaba, décrite comme un outil qui permet à des producteurs africains, dont des Rwandais, de vendre des produits comme le café en Chine via le numérique. L’idée économique est simple, si une petite entreprise trouve un accès au marché et un canal de vente, elle augmente ses chances de transformer une production locale en revenus réguliers.

Charles Shima affirme aussi apprécier l’approche chinoise, qu’il compare à celle des États-Unis ou du Canada, en disant que la Chine reconnaît le potentiel du continent. Dans le texte, le point central n’est pas un débat politique, mais un mécanisme économique, plus de partenariats peuvent alimenter l’esprit d’entreprise, surtout chez des jeunes qui portent une partie de la transformation numérique.

L’exemple le plus parlant reste celui des paiements mobiles. Le texte rappelle que l’essor de l’argent mobile a déjà changé la vie quotidienne et le commerce, avec une image simple, le smartphone devient un portefeuille. M-Pesa au Kenya a conclu un partenariat avec Huawei. Au Nigeria, PalmPay, financée par des investisseurs chinois, propose plusieurs usages à grande échelle, paiement de factures d’énergie, recharge téléphonique, achats de produits et services, virements bancaires, emprunts, réception de fonds.

Enfin, la transformation des transports est citée via les véhicules électriques. Le texte explique que des entreprises chinoises, grâce à leur savoir-faire dans la fabrication de motos et de batteries, contribuent à une évolution vers des solutions plus propres et plus abordables. Spiro Electric Vehicles, présenté comme un acteur important des véhicules électriques en Afrique, a signé en 2023 un accord de coopération stratégique avec une entreprise chinoise pour vendre 500 000 motos électriques sur cinq ans, sur des marchés comme le Kenya et l’Ouganda.

Le message final porté par Mme Umuziranenge est pragmatique, la Chine apporte une expérience en fabrication, infrastructures numériques et innovation technologique, et des partenariats sur les compétences, le renforcement des capacités et le transfert de technologies peuvent renforcer des industries africaines.

source : french.news.cn

— M. KOSI

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