La Gécamines et Eurasian Resources Group (ERG) ont conclu, le 10 septembre 2025 à Astana, un nouvel accord censé tourner la page des différends liés aux licences et à la sous-traitance. La signature est intervenue en marge de la visite officielle du président Félix Tshisekedi au Kazakhstan.
Un pacte pour stabiliser les relations et sécuriser les revenus
Guy Robert Lukama, président du conseil d’administration de la Gécamines, a présenté l’accord comme une refondation des liens entre l’entreprise publique congolaise et le groupe détenu à 40 % par l’État kazakh. Selon lui, il s’agit de replacer le partenariat sur des bases équilibrées, après des années de blocages juridiques et financiers. Louis Watum Kabamba, ministre des Mines, a souligné que les recettes générées doivent désormais profiter davantage à la population congolaise à travers une redistribution équitable.
ERG, enregistré au Luxembourg, figure parmi les plus grands producteurs mondiaux de cuivre, cobalt, ferrochrome et alumine. Ses investissements en République démocratique du Congo atteignent 9 milliards USD entre 2009 et 2022. Sur cette période, le groupe a versé 1,6 milliard USD en impôts et redevances, un apport significatif pour les caisses publiques. L’entreprise exploite notamment les gisements de Boss Mining, Frontier, Comide et le projet Metalkol RTR, qui valorise les résidus miniers.
La relation entre Kinshasa et ERG s’était dégradée en mars 2024. L’Autorité de régulation de la sous-traitance (ARSP) avait radié le groupe, lui reprochant d’avoir dissimulé la propriété de neuf sociétés contrôlant 98 % du marché local de sous-traitance, évalué à plusieurs centaines de millions de dollars. Les autorités congolaises avaient alors promis de redistribuer ces contrats à des opérateurs nationaux.
ERG a rejeté ces accusations, affirmant que les sociétés mentionnées n’étaient pas directement associées au groupe. Il assure coopérer avec le régulateur et maintenir des standards de transparence. Le groupe rappelle par ailleurs son intention de soutenir les entreprises locales, en cohérence avec l’objectif affiché par Kinshasa de créer une classe moyenne congolaise et d’accroître les retombées sociales de l’industrie minière.
— Peter MOYI



